Publié par Dissidenz le 27/01/2010 à 18:12

Les films de l’ombre

Petits morceaux choisis2010 déjà ! Dissidenz est de retour de congé de maternité ! La fin d’année a été l’occasion de faire plein de petits à télécharger (entendez par là des programmes à visionner en vidéo à la demande) et il a fallu organiser la vie de cette portée : qu’il s’agisse de films de fiction ou de documentaires, il était hors de question de se contenter de rendre les programmes simplement “disponibles” dans l’immensité du cyberespace sans que nous vous guidions vers chacun de ces films et les mettions en lumière un à un, dans les différentes éditions de votre newsletter Dissidenz à venir. Des iconoclastes Petits morceaux choisis de Radovan Tadic à l’effroyante réalité de L’école de la Camorra de Nico di Biase, en passant par le fantasque Prestige de la mort de Luc Moullet ou, en avant-première, l’exquise Chambre obscure de Marie-Christine Questerbert (qui sera disponible en DVD début février), c’est autant de petits bijoux d’un cinéma différent que nous vous proposons de découvrir depuis le 23 décembre dernier. Mention spéciale pour les séries Les métiers de l’ombre et Profession Producteur d’Emmanuel Chouraqui qui lèvent respectivement le voile sur des métiers du cinéma -ceux moins médiatisés que ceux que le public a l’habitude de connaître (réalisateur, acteur, actrice etc) mais qui sont tout aussi essentiels à la création des plus grandes oeuvres : à travers le témoignage d’un professionnel, découvrez ainsi le métier de chef-opérateur, ingénieur du son, directeur de casting, attaché de presse, distributeur de films, tandis que, côté producteurs, de grands noms du cinéma livrent leur quotidien (Paulo Branco, Martine Marignac, Robert Guédiguian, Frédéric Bourboulon etc.).

Consulter la liste complète ici.

Fontaine Le Glou

Publié par Dissidenz le 27/01/2010 à 18:12

MARIE-CHRISTINE QUESTERBERT - Réalisatrice

Pas d’orchidées pour Miss Blandish (1971) de Robert Aldrich
Pas d'orchidées pour Miss Blandish“C’est l’histoire d’une fille riche qui se fait kidnapper par des petits malfrats et la manière dont elle se débat avec eux, avec son savoir de fille de la classe dominante, pour essayer de s’en sortir, de ne pas se faire violer etc… C’est fantastique. A la fin elle devient presque amoureuse de l’un des rares kidnappeurs qui prend pitié de sa faiblesse. A la fin, lui, en connaissance de cause, la laisse sortir - la police a finit par découvrir où elle était- ils sont dehors, il accepte de sortir en premier pour se faire descendre et qu’elle ne soit pas visée. L’homme tombe et elle va vers lui, touchée qu’il ait donné sa peau, et parce qu’elle a quelques sentiments d’esclave finalement par rapport à lui. A cause de cet élan, le père qui est un WASP pur et dur rejette sa fille. C’est un film extraordinaire.”

Plus d’informations sur Pas d’orchidées pour Miss Blandish

Marie-Christine QuesterbertComédienne chez Luc Moullet dans Une aventure de Billy le Kid et Anatomie d’un rapport, Marie-Christine Questerbert est également apparue dans Encore de Pascal Bonitzer ou Le journal d’un séducteur de Danièle Dubroux. Elle a réalisé les courts-métrages L’interminable chevauchée et Les filles héréditaires et, en 2000, le long-métrage La chambre obscure qui sera disponible en DVD en Janvier 2010.

Publié par Dissidenz le 27/01/2010 à 18:00

Tous les coups de coeur de A à Z

Coup de Coeur

12h08 à l’est de Bucarest (2007) de Corneliu Porumboiu, par Bertrand Tavernier
2001 : L’odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick, par Pip Chodorov
A bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard, par Koji Wakamatsu
Aie (2000) de Sophie Fillières, par Christian Lambert
Apocalypto (2006) de Mel Gibson, par Alain Guiraudie
Appelez-moi Madame (1986) de Françoise Romand, par Marianne Lamour
Bad Lieutenant (1992) de Abel Ferrara, par Jean-Stéphane Sauvaire
Boulevard de la mort (2007) de Quentin Tarantino, par Cédric Anger
Chronique de Anna-Magdalena Bach (1961) de Jean Marie Straub, par Bruno Dumont
Depuis qu’Otar est parti(2003) de Julie Bertuccelli, par Sandrine Pillon
Desperate (1947) de Anthony Mann, par Raoul Ruiz
Duel au soleil (1943) de King Vidor, par Caroline Ducey
Fort Bravo (1953) de John Struges, par Bertrand Tavernier
Freaks (1932) de Tod Browning, par Jean Rollin
Gentille (2005) de Sophie Fillières, par Yann Coridian
Golden Eighties (1986) de Chantal Akerman, par Martine Marignac
Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (2000) de François Ozon, par Juliane Lorenz
Hardcore (1979) de Paul Schrader, par Fabrice Du Welz
Ice Storm (1997) de Ang Lee, par Baltasar Kormakur
Il était un père (1942) de Yasujiro Ozu, par Kiju Yoshida
Je t’aime je t’aime (1968) d’Alain Resnais, par Lisa Hérédia (alias Maria Luisa Garcia)
L’ange exterminateur (1962) de Luis Bunuel, par Aurelia Petit
L’argent (1983) de Robert Bresson, par Ursula Meier
L’armée des ombres (1969) de Jean Pierre Melville, par Jerome Prieur
L’Atalante (1933) de Jean Vigo, par Guy Maddin
L’aurore (1927) de F.W. Murnau, par Jean-Max Causse
L’homme invisible (1933) de James Whale, par Alain Cavalier
L’homme sans age (2007) de Francis Ford Coppola, par Patrick Mario Bernard
La Brigade du suicide (1947) de Anthony Mann, par Mark Rappaport
La chose d’un autre monde (1951) de Howard Hawks, par Luc Moullet
La Ligne rouge (1998) de Terrence Malick, par Erick Zonca
La nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton, par Joseph Morder
La passion de Jeanne d’Arc (1928) de Carl Th. Dreyer, par Fernando Solanas
La Rencontre (1996) de Alain Cavalier, par Stéphane Mercurio
La trilogie d’Apu (1955) de Satyajit Ray, par Damien Odoul
La vie est belle (1946) de Frank Capra, par Bill Plympton
La visite de la fanfare (2007) de Eran Kolirin, par Arta Dobroshi
La visite de la fanfare (2007) de Eran Kolirin, par Fabrizio Rongione
Le dernier des hommes (1924) de F.W.Murnau, par Emmanuelle Cuau
Le pianiste (2002) de Roman Polanski, par François Marquis
Le sacrifice (1986) de Andrei Tarkovski, par Hugo Santiago
Le sadique (1963) de James Landis, par Jean-Pierre Bouyxou
Le temps s’est arrêté (1959) de Ermanno Olmi, par Denis Freyd
Les bourreaux meurent aussi (1943) de Fritz Lang, par Nuno Sena
Les climats (2006) de Nuri Bilge Ceylan, par Harry Gruyaert
Les contes de la lune vague après la pluie (1953) de Kenji Mizoguchi, par Wasis Diop
Les damnés du coeur (1929) de Cecil B.DeMille, par Luc Moullet
Les hommes le dimanche (1930) de Curt et Robert Siodmak, Edgar G. Ulmer et Fred Zinnemann, par Marie Modiano
Les lumières de la ville (1931) de Charles Chaplin, par Adelaïde Leroux
Les Oiseaux (1963) d’Alfred Hitchcock, par Jean-Claude Brisseau
Les tueurs de la lune de miel (1970) de Leonard Kastle, par Damien Odoul
Love (1969) de Ken Russell, par Lucile Hadzihalilovic
Michael (1924) de Carl Th. Dreyer, par Patrick Cardon
Moi, Pierre Rivière… (1976) de René Allio, par Gérard Mordillat
Pas d’orchidées pour Miss Blandish (1971) de Robert Aldrich, par Marie-Christine Questerbert
Passe ton bac d’abord (1979) de Maurice Pialat, par Jacques Maillot
Playtime (1967) de Jacques Tati, par José Luis Guerin
Profession Reporter (1975) de Michelangelo Antonioni, par Pierre Trividic
Requiem pour un massacre (1985) de Elem Klimov, par Jean Pierre Limosin
Shock Corridor (1963) de Samuel Fuller, par Luc Moullet
Sueurs Froides (1958) de Alfred Hitchcock, par Guy Maddin
The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen, par Hany Tamba
Tropical Malady (2004) de Apichatpong Weerasethakul, par Garin Nugroho
Un conte de Noël (2008) de Arnaud Desplechin, par Mark Rappaport
Une jeunesse chinoise (2006) de Lou Ye, par Erick Zonca
Une part du ciel (2002) de Bénédicte Liénard, par Jacques Bidou
Vacances romaines (1953) de William Wyler, par Bruno Podalydès
Versailles (2008) de Pierre Schöller, par Patrick Sobelman
Viridiana (1961) de Luis Bunuel, par Andre S.Labarthe
Vive l’amour (1994) de Tsai Ming-Liang, par Marianne Dumoulin

Publié par Dissidenz le 23/12/2009 à 0:59

Nouveautés à télécharger

Fictions rares ou documentaires inédits, Dissidenz vous propose de découvrir des programmes à télécharger, entre 1.99 et 4.99 euros, et à visionner autant de fois que vous le souhaitez durant 72 heures chez vous, sans vous déplacer. Une alternative idéale pour l’hiver, par ces grands froids !

LES METIERS DE L’OMBRE : une série passionnante d’Emmanuel Chouraqui, sur ces métiers moins médiatisés qui sont pourtant tout aussi essentiels à la réalisation des plus grands films de cinéma ! Pour chaque métier, un professionnel vous guide dans les coulisses de son quotidien…
Les métiers de l’ombre : Nicolas Becker - Bruiteur
Les métiers de l’ombre : Michel Burstein - Attaché de presse
Les métiers de l’ombre : Jean-François Camilleri - Distributeur de films
Les métiers de l’ombre : Patrick Cauderlier - Cascadeur
Les métiers de l’ombre : Duran Duboi - Effets spéciaux
Les métiers de l’ombre : Francis Lai - Compositeur
Les métiers de l’ombre : Laurent Lafran - Ingénieur du son
Les métiers de l’ombre : Françoise Menidrey - Directeur de Casting
Les métiers de l’ombre : Philipe Murcier - Doublage
Les métiers de l’ombre : Christine Parat - Agent artistique
Les métiers de l’ombre : Arnaud Potier - Chef opérateur image
Les métiers de l’ombre : Jean de Trégomain - Directeur de production
Les métiers de l’ombre : Marie-Joseph Yoyotte - Chef monteuse

PROFESSION PRODUCTEUR : une série d’Emmanuel Chouraqui, sur le métier de producteur, sans lequel un film n’existerait pas. Un métier aussi ingrat que passionnant, et réservés aux passionnés !
Profession Producteur : Maurice Bernart
Profession Producteur : Frédéric Bourboulon
Profession Producteur : Paulo Branco
Profession Producteur : Robert Guédiguian
Profession Producteur : Didier Haudepin
Profession Producteur : Francine Jean-Baptiste
Profession Producteur : Martine Marignac
Profession Producteur : Michel Propper

AUTRES PEPITES DOCUMENTAIRES ET INCLASSABLES A DECOUVRIR
Assassinat d’une modiste de Catherine Bernstein
Au premier faux pas de Patrick Benquet
Ceci est une pipe de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic
Enquête sur le monde invisible de Jean-Michel Roux
Etat d’apesanteur de Maciej Drygas
Herbe de Mathieu Levain et Olivier Porte
Histoire d’un secret de Mariana Otero
La berceuse de Maciej Drygas
Le 4ème pouvoir (en herbe) de Jean-Pascal Boffo
Le bon élève de Pascal Quaregna
Le Mystère Glasberg de Julie Bertuccelli
Le prêt, la poule et l’oeuf de Claude Mouriéras
Le sang noir de Médée de Nico Di Biase
Le solitaire du Château Du Fresne de Pierre Beuchot
L’école de la Camorra de Nico Di Biase
Les absentes de Catherine Bernstein
Les Esprits du Koniambo, en terre kanak de Jean-Louis Comolli & Alban Bensa
Les raisins vertss de Catherine Bernstein
L’homme des Roubines de Gérard Courant
New York Année Zéro de Radovan Tadic
Oma de Catherine Bernstein
Parce qu’ils ont tué Ibrahim d’Alain Dufau
Petits morceaux choisis de Radovan Tadic
Rêve d’usine de Luc Decaster
Schizophrenia de Vita Zelakeviciute
Sur les traces de renard de Stéphane Chopard
Vivre les invisibles de Dirk Dumon
Yvette bon dieu ! de Sylvestre Chatenay

FICTIONS RARES, CURIOSITES ET INCONTOURNABLES
Céline de Jean-Claude Brisseau
Cette sale terre d’Andrew Kötting
Gallivant d’Andrew Kötting
Home de Ursula Meier
In Absentia de Stephen & Timothy Quay
La chambre obscure de Marie-Christine Questerbert
La vie comme ça de Jean-Claude Brisseau
Le cabinet de Jan Svankmajer de Stephen & Timothy Quay
Le prestige de la mort de Luc Moullet
Le Silence de Lorna de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Les naufragés de la D17 de Luc Moullet
Les savates du bon dieu de Jean-Claude Brisseau
L’incinérateur de cadavres de Juraj Herz
Mondo Mulloy de Phil Mulloy
Rembrandt Fecitt de Jos Stelling
Singapore Sling de Nikos Nikolaidis
The Christies de Phil Mulloy
Un singe sur le dos de Jacques Maillot

Publié par Dissidenz le 26/11/2009 à 19:13

Nikita Mikhalkov, la Russie éternelle

Nikita MikhalkovFils d’une grande lignée d’artistes - son père était poète, auteur entre autres des paroles de l’hymne de l’Union Soviétique, ses grand père et arrière grand père étaient peintres - et frère du cinéaste Andréi Konchalovsky, Nikita Mikhalkov est l’une des figures emblématiques du cinéma russe d’après guerre. Metteur en scène mais également comédien, il débute en 1974 avec Le nôtre parmi les autres, western sibérien à la réalisation virtuose, avant de réaliser Esclave de l’amour, hommage aux pionniers du cinéma et premier chef d’œuvre. En 1977, Mikhalkov adapte merveilleusement Anton Tchekov dans Partition inachevée pour piano mécanique puis Alexandre Volodine dans Cinq soirées en 1979. Quelques jours dans la vie d’Oblomov réalisé en 1980 met en scène l’un des personnages les plus populaires de Russie, figure emblématique de la paresse –par refus du monde- créée par Ivan Gontcharov. La Parentèle en 1981, traite avec humour, à travers l’histoire de la visite d’une paysanne à sa fille, de l’occidentalisation de la Russie et c’est avec Sans témoins en 1983, huis clos en appartement entre un homme et une femme, que s’achève la première partie de sa carrière avant Les yeux noirs en 1987 et la consécration internationale. Funambule oscillant perpétuellement entre le drame et la comédie, chantre d’une « slavitude » revendiquée, Nikita Mikhalkov a écrit des pages parmi les plus belles du cinéma russe moderne. Sondant tout autant l’âme humaine que l’identité russe, son cinéma est celui d’un esthète et d’un poète dont l’œuvre émeut autant qu’elle éblouit. Disponibles pour la première fois en France en DVD, ses premiers films sont regroupés au sein de deux coffrets qui permettent enfin d’apprécier tout le travail de cet artiste hors pair. Les films sont accompagnés sur DVD par des interviews des réalisateurs, scénaristes et compositeurs de la musique et de commentaires de Pierre Murat.

Reconduit en mars dernier à la tête de l’Union des Cinéastes Russes après des mois de polémiques notamment autour de la distribution des subventions publiques, membre du futur Conseil gouvernemental en charge du développement du cinéma russe présidé par Vladimir Poutine dont une partie de la mission consiste dans le financement de films « patriotiques », Nikita Mikhalkov est une figure politique contestée. Mais au delà de ses prises de positions ou ses amitiés, nous pouvons aujourd’hui, grâce à la sortie de ces deux coffrets DVD, nous remémorer les splendides premières heures de sa filmographie et embrasser à pleine bouche cette Russie éternelle que Mikhalkov aura su chanter comme personne.

Francis Chérasse

Plus d’informations sur le Coffret Nikita Mikhlakov Vol.1
Plus d’informations sur le Coffret Nikita Mikhalkov Vol.2

Publié par Dissidenz le 26/11/2009 à 19:12

CAROLINE DUCEY - Actrice

Duel au soleil (1943) de King Vidor.
Duel au soleil
“Je l’ai vu il y a sept ans mais le choc ressenti au moment de la vision est toujours vivace. Ce qui se joue entre ce trio dépasse le strict cadre du triangle amoureux. Le film est magnifique, avec une sublime palette de couleurs. Le rapport à l’identité masculine dans le film m’a, en tant que femme, appris énormément de choses et l’identification à l’héroïne est terriblement énergisante. C’est violent mais il y a une puissant sentiment de révolte dans lequel je me suis reconnue. Je m’étais sentie moins seule.”

Synopsis : Scott Chavez est condamné à la pendaison pour avoir assassiné sa femme, Indienne, qui multipliait les aventures extra-conjugales. Avant de mourir, il confie sa fille, Pearl, à une ancienne amie, Laura Belle McCanles, installée dans un ranch texan avec son mari, Jackson, sénateur infirme, et ses deux fils, Jesse et Lewt. Pearl est fort mal accueillie par le père, mais plaît immédiatement aux deux frères.

Plus d’informations sur Duel au soleil

Caroline Ducey
Comédienne, Caroline Ducey tient son premier rôle au cinéma à 17 ans dans Trop de bonheur de Cédric Khan en 1994. Suivront entre autres Romance de Catherine Breillat, La chambre obscure de Marie Christine Questerbert, Shimkent Hotel de Charles de Meaux, Une vieille maitresse à nouveau tourné avec Catherine Breillat ou encore Le plaisir de chanter de Ilan Duran Cohen en 2008.

Publié par Dissidenz le 26/11/2009 à 17:50

Toutes les interviews de A à Z


The Conversation

ANGER Cédric, réalisateur
ANSPACH Solveig, réalisatrice
BIDOU Jacques, producteur (JBA Productions)
BRISSEAU Jean-Claude, réalisateur
CAUSSE Jean-Max et François, exploitants (la Filmothèque du Quartier Latin, Paris, France)
CAVALIER Alain, réalisateur
CHODOROV Pip, réalisateur
CORIDIAN Yann, directeur de casting
DIOP Wasis, musicien
DUMOULIN Marianne, productrice
FILLIERES Sophie, réalisatrice
GONZALEZ Annie, productrice (C-P Productions)
GUIRAUDIE Alain, réalisateur
HARLAN Jan, producteur
KORMAKUR Baltasar, réalisateur
LAMBERT Christian, directeur de production
LIMOSIN Jean Pierre, réalisateur
LORENZ Juliane, monteuse et présidente de la Fondation Rainer Fassbinder
MADDIN Guy, réalisateur
MAILLOT Jacques, réalisateur
MARIGNAC Martine, productrice (Pierre Grise Productions)
MARQUIS François, producteur (Bagheera)
MARIO BERNARD Patrick et TRIVIDIC Pierre, réalisateurs
MEIER Ursula, réalisatrice
MERCURIO Stéphane, réalisatrice
MORDER Joseph, cinéaste
MORDILLAT Gérard, cinéaste et écrivain
OSSANG F.J., réalisateur
PAUL-BONCOUR Vincent, distributeur cinéma et éditeur vidéo
PILLON Sandrine, productrice
PLYMPTON Bill, réalisateur
ROLLIN Jean, réalisateur
ROZIER Jacques, réalisateur
SANTIAGO Hugo, réalisateur
SENA Nuno, co-directeur du festival IndieLisboa
SOBELMAN Patrick, producteur (Agat Film, Ex-Nihilo)
SOLANAS Fernando, réalisateur
TEMPLE Julian, réalisateur
WAKAMATSU Koji, réalisateur
ZONCA Erick, réalisateur

Publié par Dissidenz le 13/11/2009 à 19:48

Invasion, Entretien avec Hugo Santiago

InvasionAquilea est assiégée. L’ennemi est aux portes de la ville, l’invasion est pour demain. Organisée en réseau clandestin, la résistance tente d’en freiner la progression.
Filmée dans un noir et blanc aux contrastes saisissants, cette éternelle histoire de ville assiégée prend, devant la caméra de Hugo Santiago et sous la plume du tandem Jose Luis Borges / Adolfo Bioy Casares, une dimension métaphysique et poétique inédite. En s’attachant au fil narratif de son récit complexe et à ses personnages caractérisés avec soin, Invasion en sublime les motivations et compose une ode inoubliable aux éternelles forces de résistances, passées et à venir. Réalisé en 1969, présenté en ouverture de la première Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, le film connut un étrange destin. Interdit en 1974, son négatif fut volé avant qu’une restauration lui redonne vie en l’an 2000. Retour en compagnie du réalisateur Hugo Santiago sur un joyau du cinéma sud américain à redécouvrir de toute urgence dans un coffret DVD trilingue (français, anglais, espagnol) comprenant 2 DVD et un livre de 156 pages, disponible en exclusivité sur Dissidenz et dans une sélection de points de vente à partir du 1er décembre 2009.

Comment est né le film ?
J’habitais la France, j’étais rentré à Buenos Aires où j’avais fait deux courts métrages. J’avais une idée toute simple, celle d’une ville envahie et défendue par un groupe de gens. J’ai d’abord vu Bioy Casares a qui j’ai raconté l’idée et qui m’a dit « il faut raconter ça à Borges ». Le jour même nous sommes allés le rencontrer à la bibliothèque nationale dont il était le directeur. Je lui ai raconté l’idée que j’avais, peu de choses, j’ai parlé de la ville, un peu à l’image de Buenos Aires, j’ai dit qu’elle était assiégée et qu’un groupe de gens la défendraient. Je n’avais qu’une idée vague et un nom : Invasion. Je connaissais Borges, j’avais été son élève durant une année et je l’avais rencontré régulièrement jusqu’à mon départ pour la France en 59. Borges et Bioy étaient de grands cinéphiles, Borges avait d’ailleurs fait un peu de critique cinématographique quand il était jeune. Ils avaient écrit ensemble deux scénarios qui n’avaient pas été réalisés, ils restaient sur une mauvaise expérience avec le cinéma. Ils ont d’abord fait un texte de vingt pages, il y avait quelques personnages, quelques séquences, certaines issues des souvenirs de l’un ou l’autre, et peu du travail de lien qu’il faisaient merveilleusement dans leurs nouvelles. Mon argument de base pour collaborer avec eux était que ce film et cette idée de film appartenaient à un univers dont Borges et Bioy étaient les maîtres et que si je le faisais seul je le ferais « à la manière de ». Alors puisqu’ils étaient là, pourquoi ne pas le faire avec les originaux ? Borges a beaucoup aimé cet argument, il a beaucoup rit. Ils m’ont demandé une critique de leur travail. Je n’osais pas la faire devant Borges alors je l’ai fait devant Bioy d’abord. Il m’a dit qu’il allait partir pour l’europe pour plusieurs mois et que Borges attendait un retour de ma part. Le jour même du départ de Bioy je suis allé voir Borges à la bibliothèque nationale et pendant plusieurs heures j’ai analysé leur texte et, armé d’un courage dont j’ignore toujours d’où il provenait - j’étais jeune et Borges était Borges – j’ai analysé et critiqué leur travail, tout en lui disant mon enthousiasme. J’ai parlé sans arrêt, pendant deux ou trois heures, quand j’ai fini par arrêter il a marqué un temps et m’a dit « très bien, nous commençons demain ». On a commencé le lendemain et nous avons écrit pendant un an. Dès leur premier traitement ils avaient pensé qu’il ne fallait pas produire un texte littéraire qui serait adapté par la suite. Il fallait penser et écrire un film. C’est ce qui les amusaient, faire de la littérature ils le faisaient déjà seuls, ils l’avaient même fait ensemble. Il était tout de suite clair qu’on allait travailler séquence par séquence. Une structure s’est dessinée, très travaillée, qui s’est affinée au fur et à mesure que le temps passait. On l’a respectée, très rigoureusement. On avançait dans l’ordre. Les besoins pour pouvoir obéir à la ligne narrative que nous nous étions fixée et qui répondait à une structure se manifestaient au jour le jour, même l’apparition des personnages, l’émergence de ce qui allait être le groupe du sud.

Comment était ce pour vous, jeune homme, de travailler avec Borges ?
C’était merveilleux. Borges était notre maître à tous et nous avions une admiration infinie pour lui. Il était très curieux. Il essayait d’éviter que le poids de sa littérature, de son nom, ne gêne notre travail. Il demandait une critique constante. La moindre idée que je pouvais trouver merveilleuse devait être critiquée, souvent par l’humour, c’était un humoriste merveilleux. Il me faisait beaucoup rire. Il fallait passer par une critique approfondie de la chose avant de la valider. Au bout de quelques jours il n’y avait plus de place pour son statut de Borges. Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un avec qui le travail au jour le jour était aussi facile qu’avec Borges. Il n’y avait pas l’ombre d’une revendication personnelle dans aucun des aspects du travail. Il n’en avait pas besoin, il n’en avait plus besoin. Il avait déjà été, plus jeune, très fier, très orgueilleux, méchant, la parole très incisive, mais il n’y avait plus de questions d’orgueil, sauf celui de l’œuvre à venir. Et là dessus il était implacable. On revenait sur les choses, on retravaillait, on remettait en cause tout ce qu’on faisait.

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Publié par Dissidenz le 13/11/2009 à 19:46

HUGO SANTIAGO - Réalisateur

Le sacrifice (1986) de Andrei Tarkovski.
Le sacrifice“Tarkovski, c’est un miracle. Bergman l’a dit avant moi, Tarkovksi a fait une chose comme personne avant lui. Il y a une chose qui concerne les rapports de la représentation fantasmatique, de la représentation imaginaire, de la représentation qui devrait coller au réel. Un traitement de tous les plans de la narration avec le même niveau hiérarchique. Des images qui seraient traitées par quelqu’un comme des images oniriques sont traitées comme des images qui seraient issues de la réalité de l’action. Et des images qu’on ne sait pas situer. Tarkovski a gommé les frontières tranquillisantes de la représentation. C’est une idée du cinéma pour laquelle je suis prêt à me battre.”

Synopsis : Sur l’île où il réside, Alexandre est au bord du chemin avec son jeune fils qui vient d’être opéré des cordes vocales. Tout en plantant un arbre mort, il lui raconte une légende japonaise : en arrosant régulièrement le pied de l’arbre et en y croyant, il reprendra vie. La saison du soleil de minuit approche sur cet endroit calme de l’île de Gotland où Alexandre, écrivain et ancien comédien, s’est retiré avec sa famille. Ce soir, Alexandre célèbre son anniversaire entouré de quelques proches…

Plus d’informations sur Le sacrifice

Hugo SantiagoAprès une solide formation de musicien en Argentine, Hugo Santiago s’oriente vers le cinéma. Assistant de Robert Bresson en France, il signe avec Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis Borges son premier long-métrage Invasion en 1969. Il représente la France au Festival de Cannes en 1974 avec son second long métrage Les autres. Réalisateur de nombreux films pour le cinéma et la télévision, Hugo Santiago a notamment signé une adaptation d’Electre, ou encore La Vie de Galilée et de nombreuses oeuvres autour de la musique.

Publié par Dissidenz le 28/10/2009 à 19:54

Max Ophuls en quatre films

La rondeNé le 06 mai 1902 à Sarrebruck en Allemagne, Max Ophuls grandit dans une famille d’industriels dont il se refuse à prendre la succession. Dès 1920, il entame une prolifique carrière dans le théâtre comme acteur et metteur en scène avant de débuter au cinéma aux cotés d’Anatol Litvak en 1930 en tant que dialoguiste. Liebelei, qu’il réalise en 1933, le fait connaître en France, qu’il rejoint alors au moment de la prise de pouvoir des nazis en Allemagne. Il poursuit sa carrière en France (Le Roman de Werther (1938) d’après Goethe, Sans lendemain (1939), entre autres) et prend la nationalité française en 1935. Après l’armistice, il rejoint les États-Unis où il restera inactif quelques années avant d’y travailler à partir de 1946 et d’y réaliser en 1948 le superbe Lettre d’une inconnue adapté de Stefan Zweig. Il revient en France en 1950 et y réalise coup sur coup les quatre chef d’œuvres aujourd’hui rassemblés dans un indispensable coffret DVD sorti chez Gaumont : La ronde (1950), Le plaisir (1952), Madame de… (1953) et Lola Montès (1955).

Je voudrais d’abord faire justice du dédain mal dissimulé avec lequel nos critiques rendent le plus souvent compte de chaque film de Max Ophuls. Que Madame de… soit au contraire une œuvre difficile, au sens le plus plein de ce mot, son écriture même le prouverait… Ces quelques mots de Jacques Rivette en ouverture de sa critique de Madame de…, première analyse conséquente des films de Max Ophuls parue dans les Cahiers du cinéma en novembre 1953, auguraient de la place qu’allait tenir le réalisateur pour les jeunes turcs de la nouvelle vague. De la dédicace de Jacques Demy en ouverture de Lola aux nombreuses citations dans les films de Godard ou de François Truffaut, la figure de Max Ophuls allait survoler les œuvres de cette génération dont l’un des actes fondateurs fut le rejet d’une certaine tendance du cinéma français de laquelle ils excluaient Ophuls aux cotés de Renoir ou Bresson, entre autres.

Plans séquences magistraux (ceux qui ouvrent le segment Le masque dans Le plaisir sont vertigineux et l’on comprend aisément en découvrant le film l’intérêt de Martin Scorsese pour le cinéaste), travellings somptueux, la mise en scène d’Ophuls est un ravissement de tous les instants. Celui qui disait « Je n’ai pas de style » en avait pourtant bien un, et il était d’une ébouriffante virtuosité et d’une élégance rare. « Un zig-zag inattendu du travelling peut exprimer un drame plus violemment qu’un long dialogue », la forme est en adéquation avec le fond et la mise en scène du réalisateur en accord avec les mouvements des cœurs. Si les films de Max Ophuls sont éblouissants dans leur facture, leurs propos étaient également susceptibles d’intéresser François Truffaut et consorts. On y note la place centrale dévolue aux femmes qui se débattent dans le carcan de leur place sociale et sont traitées à rebours des stéréotypes de l’époque. De Madame de… aux prostituées de La ronde et du Plaisir, les héroïnes d’Ophuls sont d’une complexité (héritée des romans adaptés mais renforcé par le traitement du cinéaste) à laquelle n’ont que peu le droit les hommes qui se résument eux, le plus souvent, à leur position sociale. Les femmes sont le jouet des conventions et victimes des jeux de rôles masculins. Elles sont source de fascination et de mystère et sont filmées avec déférence. Elles sont le moteur et l’objet des intrigues. On y relève aussi la place réservée à un plaisir sexuel assumé, lui aussi moteur et objet. La charge érotique du segment La servante et le jeune homme de La ronde est à ce titre exemplaire de la prépondérance d’un désir dévorant. Derrière les masques sociaux, le sang bouillonne dans les veines.

De sa formation théâtrale Ophuls cinéaste garde un goût pour les artifices narratifs, de l’hôte de La ronde au découpage du Plaisir il exploite des formes qui seront « à la mode » dans les années 60 où le film à sketches fleurira. Il garde également une fascination pour le monde du spectacle dont La ronde se nourrit et qui peut s’étendre à celui des bordels du Plaisir où se joue un petit théâtre de séductions artificielles. La bonne société est aussi un théâtre d’apparences où se meut Madame de…

Ces thématiques et tendances se retrouvent dans le chef d’œuvre maudit du réalisateur, objet de scandale à sa sortie et de remontages par des producteurs auxquels la santé vacillante du cinéaste l’empêcha de s’opposer : Lola Montès. Le film retrace la vie d’une célèbre courtisane, maitresse entre autres du Roi de Bavière, devenue attraction d’un cirque qui retrace sa vie à travers des reconstitutions scéniques auxquelles se mêlent, pour le spectateur du film, des flash-backs de sa vie. Le talent du cinéaste s’y déploie dans un extraordinaire travail de chorégraphie des interprètes, de la caméra, des sons et des couleurs qui flamboient dans un cinémascope somptueux. Tragique destin magnifié lors des séquences de cirque d’une stupéfiante et étrange beauté, Lola Montès est le chant du cygne d’un artiste qui signait là une œuvre quintessencielle. Après le retentissant échec du film Max Ophuls retourna en Allemagne où il mourut deux ans plus tard, non sans avoir effectué un dernier tour de piste au théâtre, point de départ et point final d’une œuvre unique à l’influence considérable et au charme intact.

Francis Chérasse

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Lola Montès

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