Publié par Dissidenz le 07/09/2007 à 15:43

Sélection de DVD Rock et Cinéma

Petite sélection, forcément subjective, de films rock ‘n’ roll.

Graine de violence (1953) de Richard Brooks
Jeunesse en rébellion et Rock around the clock, pour se rendre compte que finalement en 50 ans les choses n’ont pas fondamentalement changées pour les jeunes issus de classes défavorisées.

La blonde et moi (1956) de Frank Tashlin
Le « cartoon live » de Tashlin avec la plantureuse Jane Mansfield propose un plateau rock ‘n’ roll de choix avec des performances de Gene Vincent, Little Richard, The Platters et Fats Domino entre autres.

Sympathy for the Devil (1968) de Jean Luc Godard
Montant en parallèle les images des Rolling Stones en séance d’enregistrement et des images reflétant les luttes politiques de l’époque, Godard saisi l’air de son temps et livre probablement la plus belle captation d’un groupe au travail.

Easy Rider
Easy Rider
(1969) de Dennis Hopper
Film phare du “Nouvel Hollywood” tourné sous influence, Easy Rider est une date dans l’histoire du cinéma américain et un hymne à la rock ‘n’ roll attitude.

More (1969) de Barbet Schroeder
Schroeder explore la face obscure des années hippies et Pink Floyd signe pour le film une partition anthologique, peut être bien leur meilleur disque.

Gimme Shelter (1971) des frères Mayles
Le fameux concert des Rolling Stones à Altamont, qui se termina tragiquement par la mort d’un spectateur battu par les Hell’s Angels qui assuraient la sécurité, et qui allait d’une certaine façon sonner la fin des années hippies.

Phantom of the Paradise (1974) de Brian de Palma
L’opéra rock de De Palma qui signe là une œuvre totale où la musique épouse toujours parfaitement les plans très travaillés du réalisateur.

The Rocky Horror Picture Show (1975) de Jim Sharman
Le film Glam par excellence, excessif, grotesque, méchamment culte.

The Rutles, All You Need Is Cash !!! (1978) de Eric Idle et Gary Weis
Parodie géniale des Beatles par un ancien Monty Python, jubilatoire pour qui connaît un minimum l’univers du quatuor de Liverpool.

Hair (1979) de Milos Forman
Le film de la génération hippie et sa bande son mythique n’ont étrangement guère pris de rides, une oeuvre dont le souffle libertaire et contestataire reste salutaire.
New York 1997
New York 1997 (1981) de John Carpenter
Oui, John Carpenter c’est aussi des bandes son faites à la maison au bontempi joué à un doigt et pas très rock ‘n’ roll, mais c’est avant tout le réalisateur d’un paquet de films traversé par un esprit contestataire directement hérité des années 70. Et Snake Plissken, héros de ce New York 1997 est probablement le personnage le plus rock ‘n’ roll de l’histoire du cinéma. Est ce d’ailleurs un hasard s’il est opposé ici, en incarnation d’une vieille école (I thought you were dead ne cesse-t-on de lui répéter), à Isaac Hayes, figure majeure de la soul music dans le rôle du leader des nouveaux hors la loi parqués dans ce New York transformé en prison ?

Spinal Tap (1983) de Rob Reiner
Faux documentaire hilarant qui suit les aventures d’un groupe de « métalleux » complètement crétins, Spinal Tap n’a pas usurpé son statut de film culte.

Stop Making Sense (1984) de Jonathan Demme
Les Talking Heads filmés en concert par Jonathan Demme, un modèle de captation live pour un groupe capital.

24 Hour Party People (2002) de Michael Winterbottom
Joy Division (incroyable incarnation de Ian Curtis !), les délirants Happy Mondays, le label Factory, l’Hacienda, c’est toute l’histoire du « Madchester » qui défile sous les yeux d’un spectateur charmé par l’inventivité formelle du film et son humour irresistible. Jubilatoire.

Metallica : Some Kind of Monster (2004) de Joe Berlinger
Musiciens sur-fortunés, les membres de Metallica n’en restent pas moins des hommes en proie au doute au moment de retourner en studio. Coachés par un psychologue censé les aider à gérer leurs problèmes d’égo, ils se sont prêtés au jeu du documentaire où on les suit à la trace et où n’est épargné au spectateur aucunes de leurs turpitudes. Un édifiant et souvent hilarant exercice de thérapie de groupe auquel on est presque parfois gêné d’assister !

Mister Lonely
DiG ! (2004) de Ondi Timoner
En suivant en parallèle le parcours de deux groupes, les Dandy Warhols et le Brian Jonestown Massacre, le réalisateur brosse un portrait assez décapant de l’industrie du disque et du leader génial des BJM, Anton Newcombe, que le refus de toute compromission et l’abus de substances illicites conduiront à un échec commercial alors que sa musique le destinait à un parcours digne des plus grands. Et tant pis si le film est particulièrement truqueur, le Brian Jonestown Massacre, tel que dépeint ici, incarne mieux que tout discours ce qu’est l’esprit rock ‘n’ roll.

Metal : a headbanger’s journey (2005) de Sam Dunn
Réalisé par un étudiant en anthropologie lui même fan de métal depuis sa plus tendre enfance, Metal : a headbanger’s journey, est un modèle de documentaire sur ce turbulent courant rock. S’intéressant tout autant à ce qui en fait une culture à part entière qu’aux multiples sous genres qui sont nés de ce mouvement, le documentaire, tout aussi pédagogique (dans le bon sens du terme) que fun, passionne de bout en bout et propose quelques moments d’anthologie telle l’intervention de Dee Snider sommé de venir s’expliquer sur les prétendus propos sado-masochiste d’un de ses titres devant une commision sénatoriale emmenée par l’épouse d’Al Gore qu’il renvoie brillament à sa propre perversité.

The Devil’s Rejects (2005) de Rob Zombie
Musicien leader du groupe White Zombie, Rob Zombie, après un premier film joyeusement foutraque, livre avec The Devil’s Rejects une véritable ode au cinéma des années 70. A travers l’histoire de ce trio de serial killers tentant d’échapper à la police, il réalise une véritable profession de foi pour un cinéma débarrassé du post-modernisme cynique qui vient trop souvent parasiter le genre qu’il aborde ici. Du cinéma rentre dedans, passionnément sincère, terriblement maîtrisé et follement rock ‘n’ roll, gorgé d’une sublime bande originale très ingénieusement utilisée. A réserver aux spectateurs avertis.

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