Bienvenue sur Dissidenz, le premier site internet de vente et de contenu bilingue français/anglais dédié au cinéma d’auteur et aux arts en général.
Sur Dissidenz, côté “vente”, vous trouverez, dans la rubrique BOUTIQUE, des films disponibles en DVD et/ou en téléchargement légal (”VOD” ou Vidéo à la Demande) sur PC comme sur MAC mais également, au fil de l’eau, une sélection de CD et de livres. Bon à savoir : 80% des films proposés en vidéo à la demande sur Dissidenz (près d’une centaine à l’ouverture) le sont à titre exclusif : vous ne pouvez trouver ces films nulle part ailleurs !
Et côté “contenu”, vous trouverez des informations sur près de 1500 films disponibles à la vente sur le site (biographie du réalisateur, liste artistique, liste technique, notes de production), mais également notre sélection de vidéos gratuites (interviews, débats, rencontres, reportages filmés). Vous trouverez par ailleurs des articles, chroniques et dossiers dans la partie BLOG DU SITE avec des rubriques régulièrement mises à jour telles que « Le coup de cœur de », rubrique dans laquelle un intervenant issu de la filière artistique s’exprime sur un film qui l’a marqué ou qu’il a simplement apprécié –l’occasion également de faire un « instantané » de l’interlocuteur pour en savoir plus sur son parcours et ses projets en cours et à venir. Dans cette édition par exemple, vous pourrez lire le coup de cœur de Juliane Lorenz, monteuse des films de Fassbinder et présidente de la Fondation qui porte son nom. Pour certains films enfin, vous trouverez des blogs dédiés, c’est-à-dire des sites internet construits sous la forme de journaux ou de carnets de bord, animés par des intervenants directs ou indirects sur les films concernés (réalisateur, acteur, producteur, universitaire, spécialiste etc.).
Retrouvez également dans cette édition un dossier exclusif consacré au Fait Divers, à l’occasion de la sortie des films Paranoid Park de Gus Van Sant et Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère de René Allio.
Et, dès la semaine prochaine, découvrez le coup de cœur de Jacques Bidou, producteur des films de Patrizio Guzman, Rithy Panh ou encore Raoul Peck, et de nouvelles chroniques.
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“Je suis vraiment une maniaque de cinéma. Mon réalisateur favori est Renoir. Tous les Renoir : je peux difficilement en distinguer un seul. J’ai une grande affection pour le cinéma français, de la Nouvelle Vague, d’avant, et d’aujourd’hui. J’aime énormément François Ozon, et pas seulement parce qu’il adore Fassbinder. Avec Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, il a osé faire quelque chose de nouveau. Du Fassbinder réinventé. Rainer disait toujours qu’on ne peut pas faire un remake, une copie. Il est seulement possible d’inventer quelque chose de personnel. Ozon m’a raconté qu’il avait découvert Fassbinder par une pièce de théâtre qui lui rendait hommage, et qu’il avait ensuite vu des films mais que peu étaient disponibles. Il en a vu la majorité au fil des rééditions, découvrant Fassbinder comme Fassbinder avait découvert Douglas Sirk.”



L’issue est connue, le personnage reste une énigme, le fait-divers est la partie solide d’une réalité entièrement malléable. Il est ainsi un support idéal de fiction pour les auteurs. Un instant, un acte, trop énorme pour avoir été inventé, sur lequel ils pourront projeter ce qu’ils désirent. De quelques lignes relevées dans un journal, Claude Chabrol aura ainsi pu dans La cérémonie traiter mieux que jamais de l’un de ses sujets de prédilections, la « petite bourgeoisie provinciale», et réaliser un des films les plus pertinents sur la « lutte des classes » ordinaire. René Allio a tout compris quand il adapte pour le cinéma Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère d’après les écrits du meurtrier et les recherches de Michel Foucault. En confiant les rôles des protagonistes principaux du drame à des habitants de la région sans aucune expérience d’acteur, il donne à ses personnages une épaisseur supplémentaire. Et en décidant de confier les rôles de gendarmes et de magistrats à des comédiens professionnels, il affirme d’un geste fort une vérité évidente : le fait-divers est par nature un instant figé, il ne connaît aucune autre temporalité que celle de l’acte criminel, il s’arrête là où commence sa judiciarisation (
, le prétoire est souvent le lieu où s’écrit rétrospectivement le parcours de l’assassin, de ses motivations aux circonstances du drame que le procès permettra d’éclaircir. Ce qui fait la spécificité du fait-divers comme objet, c’est qu’il est à la fois le point de départ et l’aboutissement du récit. Le film d’Otto Preminger est ainsi une parfaite illustration des problématiques liées au traitement de l’affaire criminelle sous l’angle du fait divers. Un militaire est accusé du meurtre de l’homme qui a violé sa femme. Durant tout le temps du film qui sera celui du procès, Preminger, adaptant ici un roman à succès, démontre l’incapacité de la justice à saisir la vérité sur les causes et les circonstances exactes du meurtre. Un jugement sera prononcé, dont une ironique pirouette finale soulignera l’absurdité. Ne restera au bout du compte que l’élément objectif, point de départ et point final, le fait-divers : un homme en a tué un autre. 
avec laquelle son cinéma entretient des affinités profondes. Prête à tout, par exemple, liait l’ambition dévorante d’une présentatrice météo (Nicole Kidman) et la progression d’une rumeur qui se propage dans son entourage, puis dans les journaux, menant à sa condamnation : celle d’être à l’origine de la mort d’un mari trop possessif et casanier (Matt Dillon). Au cœur du système hollywoodien, Gus Van Sant s’intéresse comme Fritz Lang aux mécanismes des médias, et se sert du fait divers pour figurer un bruit qui enfle, une rumeur qui prend corps, le pouvoir de l’information qui fabrique d’elle-même l’évènement.
Bien que tiré d’un roman, Paranoid Park poursuit dans cette voie. Un adolescent commet malgré lui un crime. Au lycée, il est entendu par des inspecteurs, mais c’est le même masque d’incompréhension qu’il arbore partout ; peut-être n’a-t-il d’ailleurs pas encore réalisé sa responsabilité dans l’affaire. Y-a-t-il encore une faute quand la mort est absurde et involontaire ? Le problème de Gus Van Sant n’est de toute façon pas là, il consiste plutôt à ouvrir la bulle où flotte la jeunesse américains vers le monde extérieur. La mort déclenche moins la culpabilité que cette ouverture vers le dehors, vers toutes sortes de dehors : la mort du policier aussi bien que la guerre en Irak. Manière d’excéder le simple fait divers, d’excéder aussi le cinéma des années 90 qui faisait souvent de la télévision une machine vicieuse qui propulse vers la gloire tout en piégeant celui qui y met les pieds. A l’écart de la télévision, le monde crée par Gus Van Sant est d’autant plus inquiétant qu’il n’a désormais plus de limites.

Les protagonistes représentent un large éventail des positions adoptées par les contemporains de la guerre, et, de la collaboration sans réserve à la résistance la plus engagée, nul n’est épargné ou glorifié dans une salutaire absence totale de manichéisme. Par sa mise en scène aussi ambitieuse qu’entièrement dédiée à la sublimation des enjeux d’un scénario brillant, Paul Verhoeven signait avec Soldier Of Orange l’œuvre la plus aboutie de sa première partie de carrière et un modèle de film de guerre. Car Verhoeven a bien compris que filmer la guerre ce n’est pas filmer des cartes ou des mouvements de troupes, c’est saisir son impact sur les individus, ici lâches ou héros ordinaires, plus souvent poussés par les circonstances que par de réelles positions morales. Une œuvre capitale, portée par un Rutger Hauer alors au sommet de sa beauté animale.