Publié par Dissidenz le 05/12/2007 à 19:39

Entretien avec Jacques Bidou - Producteur

Tinpis Run

Comment êtes vous venu au cinéma ?
Je suis entré dans le cinéma par une porte qui s’appelle la passion des films, et par une école. Je suis très formation initiale, j’ai fait une école qui s’appelle l’INSAS. J’étais en réalisation et quand j’ai vu les films de Renoir ou d’autres grands maîtres, j’ai pensé qu’il valait mieux faire un médiocre producteur qu’un très mauvais réalisateur. Je suis donc devenu producteur, beaucoup plus tard d’ailleurs.

Qu’est ce qui motive vos choix de production ?
J’ai commencé à produire en 1987, il y a vingt ans, et mes choix ont été d’aller vers des terrains où il y avait des urgences, véritablement des urgences, donc plutôt vers des pays en développement, plutôt des premiers films, et toujours des regards de l’intérieur, des cinéastes issus des pays qui m’ intéressaient. J’ai d’abord produit beaucoup de documentaires parce que c’était très important pour moi de plonger dans toute une série de réalités, puis à partir de 1990-1992 j’ai commencé à produire de la fiction, tout ça ça fait une centaine de films, une trentaine de longs métrages de cinéma et le reste des films pour Arte ou des chaînes de ce type, Channel 4 ou des chaînes allemandes.

En vingt ans de production comment avez vous vu évoluer les choses ?
La tendance lourde est toujours la même, c’est à dire la déréglementation de tous les systèmes fait qu’il y a aujourd’hui une course à l’audience, une compétition vers les très larges publics et une assez grande difficulté à faire vivre les œuvres singulières. Une évolution qui est donc pour nous préoccupante.

Vous avez également eu une expérience de comédien ?
J’ai effectivement joué le rôle de Vincent dans le film d’Otar Iosseliani, le rôle principal dans le film Lundi matin. Ca a été une rencontre d’escalier puisque je croise Otar Iosseliani chaque jour dans l’escalier, il m’a un jour demandé de remplir cette fonction, il aime travailler avec des non-professionnels, pour moi ça a été une expérience absolument merveilleuse, rien à dire, après ce que je donne à l’écran c’est une autre histoire mais en tant que producteur, cette expérience a été un moment tout à fait formidable et ça m’a appris des choses par un autre biais d’être sur un film dans ce rôle.

Quelle est votre actualité ?
D’abord de continuer notre politique éditoriale en DVD, donc nous sortons de nouveau quatre titres : Tinpis Run, premier film de l’histoire du cinéma papou qui est un vieil écho de notre ligne éditoriale des années 90, le film Cahiers de Médellin magnifique documentaire de Catalina Villar, le film Les gens des baraques de Robert Bosis films sur l’immigration portugaise, un film vraiment très fort, et puis Femmes du Hezbollah qui est tout à fait d’actualité.

Quels sont vos projets ?
Nous avons cinq longs métrages en chantier, un long métrage en Palestine dont le tournage est dans un mois, premier long métrage d’une jeune femme, un premier long métrage argentin qui se tourne fin septembre, le prochain film de Tsai Ming Liang qui se tourne en février prochain, un grand film avec Raoul Peck ayant pour sujet la jeunesse de Marx et enfin le prochain film d’Agusti Villaronga qui s’appelle Barbares d’occident, grand cinéaste espagnol qui avait réalisé entre autres El mar ou Aro Tolbukhin.

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