Les oiseaux (1963) de Alfred Hitchcock.
“Grâce à l’interview de Evan Hunter (NDLR : scénariste du film) sur le DVD, on découvre notamment que la fin prévue n’a jamais été tournée jusqu’au bout parce qu’elle coûtait trop cher, obligeant Hitchcock à improviser. Je me suis rappelé d’ailleurs, à la sortie du film, des photos où on voyait les héros se balader dans la ville avec plein d’oiseaux morts. Je cherchais à quoi ça correspondait et je n’avais pas de réponse. Maintenant je l’ai : il s’agit de ces séquences inachevées. Cela m’a permis de comprendre comment le film avait été fabriqué, et d’apprendre des choses sur cette grande légende qu’est devenu le rapport entre Hitchcock et Tippi Hedren sur le tournage. Il a été dit qu’il lui avait balancé des oiseaux à la gueule pendant une semaine et que c’était par sadisme pur. C’est stupide. Le vrai problème qu’il a dû avoir, c’est que dès lors qu’il ne peut plus terminer son film comme il l’avait prévu, le temps fort n’existe plus. Le dernier temps fort du film, c’était en l’occurrence la voiture attaquée par les oiseaux. Comme il ne peut plus le tourner, il lui en faut une autre et la seule scène qui lui reste c’est celle du grenier qu’il va falloir dramatiser. Au départ, ils avaient prévu de lui envoyer sur la gueule des oiseaux mécaniques mais il est évident que ça ne marchait pas pour la séquence qui était le clou du film. C’est vrai qu’elle a été malade ; il y a un moment où elle était tellement malade qu’ils l’ont envoyée à l’hôpital une semaine. Quand Rod Taylor la porte en bas dans le canapé, ce n’est pas elle mais un mannequin. Si Hitchcock avait été aussi cynique qu’on le dit, il aurait foutu la séquence à la fin du film comme ça, quoi qu’il arrive à son héroïne, il l’avait en boite. Alors que là c’était un sacré risque. J’ai lu qu’Hitchcock était terrorisé.”