Boulevard de la Mort (2007) de Quentin Tarantino.
“Chez Tarantino, c’est moins le rapport pulsionnel au cinéma qui me plaît que son idée de penser les personnages avant tout comme des personnages de cinéma. Toute cinéphilie ne pose qu’une question : est-ce qu’on a un rapport à la vie. Tarantino y répond en affirmant n’avoir aucun rapport à la vie a priori, mais en prenant les personnages comme des figures de cinéma, il arrive peu à peu à la vie. Par ailleurs, tout le monde commence à le dire, Boulevard de la mort est l’un des plus beaux films de filles qu’on ait fait depuis longtemps. Un type comme Tarantino qui a un rapport complètement obsessionnel au cinéma sait filmer les filles comme peu de gens. A mon sens, comme Bergman savait les filmer. Boulevard de la mort est un peu le Monika des années 2000. Coppola a aussi tenté cette année un film expérimental, mais avec moins de plaisir, plus de conscience du sujet. Et Boulevard de la mort est bien plus réussi que Planète terreur, le second film Grindhouse, réalisé par Robert Rodriguez, où les effets sur l’image mimétisent un peu l’acné. Ceux du Tarantino s’apparentent plutôt à des déchirures. Et puis c’est d’une beauté à couper le souffle.”