Publié par Dissidenz le 28/05/2008 à 17:53

Entretien avec Yann Coridian, directeur de casting

Il est plus facile pour un chameau…

Comment avez vous débuté dans le cinéma ?
J’ai toujours voulu travailler sur des films, j’allais beaucoup au cinéma avec mon père et c’est vraiment ce que je voulais faire. J’ai commencé par hasard, en voyant un tournage de nuit à Paris, Jusqu’au bout du monde de Wenders, je regardais parce que ça m’intéressait et on m’a demandé de garer et garder les camions. J’ai rencontré l’assistant qui a pris mon numéro de téléphone et qui m’a appelé pour travailler sur un autre film. C’est comme ça que j’ai commencé, en étant stagiaire. J’avais 16 ans et demi, j’allais encore à l’école, j’ai tout arrêté pour travailler.

Comment a évolué votre parcours ?
J’ai été stagiaire à plusieurs poste, j’ai travaillé à la décoration, j’ai travaillé avec pas mal d’assistants et un jour on m’a proposé de travailler avec une directrice de casting. J’ai fait un film avec elle, puis deux, puis trois, ça m’a plu de travailler avec les acteurs et un jour on m’a proposé un premier film dont je m’occuperais seul du casting. J’ai commencé comme ça.

Quel est le rôle exact du directeur de casting ?
C’est de comprendre à la fois un scénario, des personnages, des dialogues et comprendre comment tout ceci peut être incarné, par qui, par quel genre de gens, par quel genre d’acteurs, essayer de comprendre le désir d’un réalisateur et lui amener des gens qu’il ne connaît pas forcément. Etre un intermédiaire entre des acteurs et un réalisateur, qu’il y ait entre eux une vraie rencontre, un désir partagé. C’est un rôle très effacé. C’est aussi travailler avec les acteurs, les faire répéter, faire des essais, les diriger dans la direction dont on a parlé avec le réalisateur. C’est un rôle d’écoute. Ce que j’aime aussi dans ce métier c’est que c’est un travail discret, même si on sait qu’il est important .

Le travail du directeur de casting s’arrête quand commence le tournage ?
Oui mais ça dépend, j’ai travaillé avec des enfants, des adolescents qu’il fallait parfois préparer à jouer, leur faire apprendre le texte, les aider à le comprendre. Mais c’est assez rare.

Comment travaillez vous ?
Avec les agents bien sûr mais aussi en allant au théâtre, en voyant beaucoup de films. Après c’est une affaire de goût, chaque directeur de casting a ses goûts propres et fait ses propositions dans une direction personnelle. Le travail dépend aussi de la façon de travailler du réalisateur, c’est un travail où on doit beaucoup s’adapter aux désir du metteur en scène tout en tenant son rôle en faisant des propositions qui nous sont personnelles. Le travail est réussi quand on arrive à mettre des choses personnelles. Je pense qu’on peut apporter une certaine couleur au film, très discrètement, très humblement. On a ses propres goûts ses propres références et on va instinctivement vers un certain type d’acteur en espérant que cela corresponde aux désirs du réalisateur mais généralement on travaille avec des réalisateurs avec lesquels on a des référents communs, on parle du scénario avant de s’engager et si on s’entend sur le scénario on s’entendra sur les acteurs aussi. On travaille vraiment à deux sur la distribution.

La distribution se conçoit de manière globale ?
C’est toute la difficulté quand c’est fait avec attention, il faut que chaque personnage soit juste dans la scène qu’il aura à défendre mais aussi par rapport à la scène qui vient avant et celle qui vient après, il faut une unité qui sera celle du film. Un casting réussi c’est un casting qui ne se voit pas vraiment. C’est un ensemble un casting, c’est en ça que ça peut donner une couleur à un film. C’est pour qu’on parle de « miscasting » quand d’un coup un acteur fait sortir le spectateur du film, c’est la qu’on se rend compte du travail que ça représente, quand l’erreur de casting rend le film bancal, l’abîme. Ce n’est pas nécessairement la faute de l’acteur, c’est l’erreur d’interprétation qu’on a pu faire de la lecture, l’erreur de direction qui appartient à la fois au metteur en scène et au directeur de casting. Notre rôle à nous c’est d’éviter ça. On réfléchit au casting dans son ensemble, comme on pense un scénario. On voit parfois un acteur très juste, très bien, mais qui va moins bien avec les autres comédiens que celui qu’on a vu juste avant, qui était un peu moins juste mais qui est plus juste avec son partenaire. La scène existera d’autant plus qu’on créra des paires, des couples de cinéma. A partir du moment où il y a deux personnages à l’écran il faut qu’il se complètent, se répondent, s’entendent, ce n’est pas simplement deux bons acteurs sinon ça fait performance et ce n’est pas intéressant, ce qui est intéressant c’est que les gens se parlent vraiment et qu’on oublie les acteurs.

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1 Commentaire »

  1. bonjour,j’ai lu avec la plus grande attention votre commentaire.merci beaucoup,car a présent je comprend mieux le métier du directeur de casting. je suis comédienne depuis peu (5 ans).j’ai commencé dans la figuration pour rencontre des comédiens a habiller car j’étais créatrice de mode durant une quinzaine d’années,et j’ai réalisé sans hésitation que l’univers du cinéma me correspondait.j’ai donc mis un terme a mon métier initial,pour étre actrice.j’ai donc entrepris des formations auprés de personnes compétantes tel qu’avec une directrice de casting “johanna delon et alexis millet”aisi que des cours de théatre et un stage co dirigé par “béatrice houplain “metteur en scène et “judith cahen ” réalisatrice comédienne.etc…
    j’ai soif d’apprendre et pour cela je participe a différents courts métrages .j’ai également eu la chance grace a l’accumulation d’expériences de décrocher des petits roles et un role principal,je continu également a faire de la figuration.méme si on entend de certains professionnels que cela est mal vu ,selon moi je persévère quoiqu’on disent a faire de la figu car c’est mon chemin et je garde l’espoir de me réaliser a part entière en tant qu’actrice.j’espère un jour avoir l’occasion de vous rencontrer .si vous le jugez utile je suis ouverte a toutes critiques constructives.sincères salutations. pascale sabbah.

    Commenté par sabbah — 31/07/2008 à 6:46

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