Publié par Dissidenz le 01/05/2008 à 13:00

Mai 68 en images

Mai 68Que reste-t-il de Mai 68, 40 ans après ? La nostalgie de révoltes étudiantes ? Le mythe d’une révolution sociale aboutie ? Le constat que le meilleur (ou le pire) reste à venir ? Ou un simple anniversaire médiatique et commercial ? Le débat est ouvert et présente même un intérêt certain, fort de quarante années de recul, à une époque où une mise au point semble inévitable entre ceux qui appellent à “liquider Mai 68″ et les défenseurs d’un héritage dont il s’agit aujourd’hui de retracer les contours et surtout de resituer les enjeux dans un contexte élargi. Mai 68 c’est bien sûr un point d’ancrage majeur dans l’histoire politique, économique et sociale de la France qui a conduit à une “libération de la parole” indéniable et jeté les prémisses d’une société exhortée à changer. 40 ans après, retour sur ce qui s’est passé, ce qui a vraiment changé et ce qui reste en devenir, à travers une sélection de différents films -fictions ou documentaires- à (re)découvrir absolument :

Les groupes Medvedkine (1967-1974) (2 DVD)
La Chinoise (1967), de Jean-Luc Godard
La salamandre (1971), d’Alain Tanner
L’an 01 (1973), de Jacques Doillon
Le fond de l’air est rouge (1977), de Chris Marker (2 DVD)
Le dos au mur (1979), de Jean-Pierre Thorn
Hair (1979), de Milos Forman
Mourir à 30 ans (1982), de Romain Goupil
Milou en mai (1990), de Louis Malle
Reprise (1996), de Hervé Le Roux
Les amants réguliers (2005), de Philippe Garrel
Les LIP ou l’imagination au pouvoir (2006), de Christian Rouaud

Cette année la section Cannes Classics du Festival de Cannes projettera par ailleurs plusieurs des films dont la projection avait été annulée il y a 40 ans : le 18 mai, alors qu’Henri Langlois, directeur de la Cinémathèque française, vient d’être démis de ses fonctions par le ministre de la Culture André Malraux, et juste avant la projection en compétition de Peppermint Frappé de Carlos Saura, des cinéastes de la Nouvelle Vague, menés par François Truffaut, Jean-Luc Godard, Louis Malle ou encore Roman Polanski, s’accrochaient au rideau de scène pour manifester leur solidarité avec les mouvements sociaux que connaît l’Hexagone. Le Festival est déclaré clos le 19 mai à midi.
En mai 2008, Peppermint Frappé sera projeté en présence de Carlos Saura, puis ce sera au tour d’autres films sélectionnés en 1968 mais n’ayant jamais connu de projection cannoise : 24 heures de la vie d’une femme de Dominique Delouche, The Long Day’s Dying de Peter Collinson, Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais, Anna Karenina d’Alexandre Zarkhi ou encore Treize jours en France de Claude Lelouch.

Françoise Duru

Publié par Dissidenz le 01/05/2008 à 12:00

JOHNNIE TO - Réalisateur

Les parapluies de Cherbourg (1964) de Jacques Demy.

Les parapluies de Cherbourg.jpg
“Laissez-moi vous raconter une anecdote. A Venise où je présentais Mad Detective, à cause de la scène des miroirs à la fin du film, tous les journalistes m’ont posé cette question. Avez-vous voulu rendre hommage à La Dame de Shanghaï d’Orson Welles ? Le fait est qu’avant d’aller à Venise, je vous l’assure : le film d’Orson Welles m’était inconnu. J’ai demandé à mon assistant Shan Ding de me trouver le film. Je l’ai très vite regardé et en ai été vraiment très impressionné. Il faut dire que la même remarque m’avait été faite il y a dix ans à propos d’une scène similaire dans The Longest Nite. Mais en ce qui concerne Sparrow, l’hommage n’était pas inconscient. La séquence finale des parapluies est bien un hommage aux Parapluies de Cherbourg, un film qui m’est très cher sans que je puisse expliquer tout à fait pourquoi. C’est peut-être une simple question d’atmosphère avec laquelle je souhaitais renouer dans Sparrow.

Propos recueillis le 4 mai 2008 par Bastien Hader.

Publié par Dissidenz le 15/02/2008 à 16:52

Patti Smith, Land 250 à la Fondation Cartier

Land 250

La Fondation Cartier présente Land 250, une grande exposition personnelle de l’artiste et musicienne américaine Patti Smith, dédiée aux multiples facettes de sa production artistique. Réunissant des oeuvres réalisées entre 1967 et 2007, elle permet de découvrir l’univers lyrique, spirituel et poétique de l’artiste. La voix vibrante de Patti Smith dominera l’ensemble des installations, créées spécialement pour l’exposition et présentant une sélection de photographies, de dessins et de films.

Si le nom de Patti Smith évoque avant tout l’égérie de la scène punk-rock new-yorkaise, l’artiste explore également les arts visuels et la poésie depuis la fin des années 1960. L’exposition à la Fondation Cartier couvre les différentes facettes de sa création. C’est en 1967 que Patti Smith commence à prendre des photographies qu’elle utilise dans des collages. En 1995, elle revient à la photographie avec un vieil appareil Polaroid Land 250. « L’immédiateté du procédé photographique m’a procuré un sentiment de libération, en comparaison avec le processus long et compliqué du dessin, de la musique ou de la poésie. » Pour l’essentiel, Patti Smith photographie des sujets chargés de sens à ses yeux : les pantoufles de Robert Mapplethorpe, le lit de Virginia Woolf, la machine à écrire d’Hermann Hesse et les couverts d’Arthur Rimbaud. D’autres polaroïds constituent un enregistrement visuel de ses nombreux voyages.

L’exposition présente par ailleurs une sélection de ses dessins, dont plusieurs sont prêtés par de prestigieuses institutions, tels le MoMA et le Centre Pompidou, ou encore par des collections privées. Tout à la fois intenses et subtils, ces dessins témoignent d’un sens du trait calligraphique et sont entremêlés de textes et de poésie. Ils incarnent le côté solitaire de l’artiste. En parallèle, son intérêt pour les collaborations artistiques s’exprime dans les films réalisés par Robert Frank, Robert Mapplethorpe et Jem Cohen ainsi que dans la performance sonore de The Coral Sea avec Kevin Shields. Un court métrage sera spécialement tourné par Patti Smith sur commande de la Fondation Cartier.

Enfin, l’exposition présentera des objets chers à l’artiste et provenant de ses archives personnelles, parmi lesquels des manuscrits originaux, une photographie prise par Constantin Brancusi ou encore une pierre recueillie au bord de la rivière où Virginia Woolf mit fin à ses jours.

Inspirations

Patti Smith trouve son inspiration dans de nombreuses figures clés de la culture française, parmi lesquelles Arthur Rimbaud, Nicole Stéphane, Jean Genet, Antonin Artaud et René Daumal. Paris résonne également à travers ses oeuvres, notamment dans les dessins exécutés à Montparnasse, quartier où elle résida lors de son premier séjour parisien en 1969, ou bien encore à travers les récentes photographies prises dans le jardin de la Fondation Cartier tout proche.

Un projet global

Reflétant la multitude de domaines artistiques explorés par Patti Smith, l’exposition se veut un projet global et ne se limite pas aux seules salles d’exposition. Ainsi, la Fondation Cartier donne carte blanche à Patti Smith pour la programmation des Soirées Nomades, durant lesquelles elle chantera seule ou accompagnée de son groupe et se prêtera à des lectures informelles de poésie. La librairie de la Fondation Cartier deviendra pour un temps la bibliothèque personnelle de l’artiste. Ses choix de livres, de disques, de films et d’objets permettront aux visiteurs de pénétrer la richesse de son univers.

BIOGRAPHIE

Née à Chicago, Patti Smith grandit dans le New Jersey. Adolescente non-conformiste passionnée de Rimbaud, elle part pour New York en 1967 et y rencontre le photographe Robert Mapplethorpe. En 1969, le couple s’installe au Chelsea Hotel et se lie d’amitié avec des artistes et écrivains tels que Sam Shepard, Brice Marden, Allen Ginsberg et William Burroughs. S’absorbant dans la poésie et dans la scène, Patti Smith recherche passionnément une synthèse entre improvisation, politique et rock’n’roll. Elle sort un premier titre Hey Joe / Piss Factory en 1974, et contribue avec le groupe Television à créer un mouvement proto-punk, sur la scène du légendaire CBGB. En 1975, son premier album Horses, célèbre pour sa pochette – un portrait emblématique de la chanteuse par Robert Mapplethorpe – connaît un succès mondial et reçoit en France le Grand Prix du disque Charles Cros (1975).

Victime d’un grave accident en 1977, Patti Smith entre dans une longue convalescence, durant laquelle elle se plonge dans l’écriture poétique et publie Babel. L’année suivante, ses dessins sont exposés pour la première fois à New York à la Robert Miller Gallery. C’est aussi l’année de la sortie de l’album Easter, avec l’extraordinaire Because the Night, chanson co-écrite avec Bruce Springsteen.

En 1979, elle quitte New York pour Détroit dans le Michigan et épouse le musicien Fred Sonic Smith du groupe MC5. Ils ont deux enfants et enregistrent l’album Dream of Life, avec notamment l’hymne People Have the Power. En 1995, après la mort brutale de son mari, Patti Smith se réinstalle à New York avec ses enfants et reprend sa vie publique. En 2005, elle reçoit en France les Insignes de Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres. En 2007, elle est intronisée au Rock’n’Roll Hall of Fame de Cleveland, l’hommage le plus prestigieux accordé aux musiciens de notre temps.

FONDATION CARTIER pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail 75014 Paris
Tél. 01 42 18 56 50 / Fax 01 42 18 56 52
fondation.cartier.com
L’exposition est ouverte tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h.

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