Publié par Dissidenz le 19/06/2008 à 11:37

Entretien avec Sandrine Pillon, productrice

Les Volets

Comment avez vous débuté ?
J’ai fait une école de cinéma, l’ESEC, et j’ai ensuite débuté comme perchman sur différents films et publicités. J’ai par la suite fait du montage traditionnel à Montréal et également du montage son à Paris. A force d’être sur les tournages, à me mêler un peu de tout, a nouer des contacts, j’ai pu me rendre compte que la production est ce qui me convenait le mieux.

Comment est venue l’envie de créer votre propre structure ?
J’ai travaillé pendant plusieurs années comme assistante de production, c’est un métier très prenant et au bout d’un moment tu finis par te dire que tu as aussi envie de travailler pour tes propres projets, avec des réalisateurs que tu choisis. C’est une évolution logique de vouloir aussi produire des projets qui te tiennent personnellement à cœur.

Votre société produit des courts métrages, qu’est ce qui diffère fondamentalement entre la production d’un court et d’un long métrage ?
Il y a moins de contraintes, c’est plus rapide, et la liberté est plus grande dans le court métrage, on peut essayer des choses sur lesquelles il ne serait pas possible de prendre de risque sur un format plus long.

Quelles sont les possibilités de diffusion pour un court métrage aujourd’hui ?
Quand on a de la chance ce sont les chaînes de télévision, France télévision, Canal Plus et Arte, TF1 et M6 n’achètent pas de courts métrages, mais c’est surtout la vie en festivals qui est primordiale. Tous les films ne sont pas achetés par les télévisions mais ils peuvent être beaucoup vus dans les festivals, dans le monde entier, et faire une très belle carrière.

La prochaine étape pour vous c’est le passage au long métrage ?
C’est ce qu’on est en train d’essayer de faire, passer au long métrage et développer un peu plus de documentaires. Le cheminement logique est de s’essayer avec les réalisateurs au court métrage, de se connaître, de former un duo, et de passer avec eux au long.

Comment sélectionnez vous les projets que vous produisez ?
C’est avant tout une rencontre et une envie, partagée. Il faut aussi que nos films et notre façon de produire convienne au réalisateur, c’est très important. Même si cela va plus vite que pour un long métrage, on met bien deux ans à travailler ensemble, à beaucoup se voir et se parler.

Quelles sont les différences entre le financement du court métrage et du long ?
Il y a le CNC, les chaînes de télévision et les régions. Après quand on traite de certains sujets on peut avoir l’aide de banques. Cela diffère du long métrage en ceci que, les investissements étant moins important, on a moins à faire face à des commissions qu’à des individus. Si on a pas le CNC et une chaîne c’est très difficile de financer un court métrage, sauf à décider de le faire en HD ou en vidéo.

Votre société produit essentiellement sur film ?
Nous n’avons fait que des courts métrages en Super 16 ou en 35 mm. L’année dernière on a fait un film en vidéo qu’on espère kinéscoper. Là, je vais en produire un autre en HD, je n’ai ni eu ni le CNC ni aucune chaîne vu que pour l’instant les chaînes ont décrété qu’elles n’achètent plus si il n’y a pas au moins le CNC et une région. Ca se mord la queue. Donc soit tu abandonnes le film, parce qu’avec une seule région tu ne peux pas et payer les gens au tarif et tourner sur pellicule, ce n’est pas suffisant, soit tu tournes en vidéo et tu espères une aide au kinéscopage des régions Ile de France ou Seine Saint Denis.

Votre premier court métrage (Les Volets de Lyèce Boukhitine) a été sélectionné pour les Césars, en avez vous ressenti l’impact ?
Quand on a été sélectionné notre film avait déjà fait un an de carrière, énormément de festivals dans le monde entier, je dirais même que les Césars l’ont sélectionné parce qu’il avait déjà fait une jolie carrière. Alors oui, ça a un peu relancé la carrière du film mais c’est surtout au niveau de notre société que cela été positif, cela nous a rendu crédible en tant que jeune boite, on avait déjà fait quelque chose qui se tenait.

Lire le coup de Coeur de Sandrine Pillon

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