
Hardcore (1979) de Paul Schrader.
“Dans Hardcore, comme dans American Gigolo, Schrader termine son film - comme les Dardenne l’ont aussi fait dans L’Enfant - comme Pickpocket de Bresson, “il m’a fallu du temps pour arriver jusqu’à toi”. Sous ses dehors de film un peu crapuleux, c’est un grand film, un film qui m’a toujours bouleversé, avec ce personnage confronté à ses propres démons, aux choix de vie qu’il a fait, sa foi remise en doute par les plaisirs terrestres, ce personnage constamment dans une quête de rédemption, je trouve que c’est un film d’une grande force et d’une grande beauté. On compare toujours Schrader à Scorsese, ce sont un peu des frères, et s’il n’y a pas le génie de mise en scène de Scorsese chez Schrader, il y a quelque chose de toujours en apnée, quelque chose de malade qui personnellement me touche beaucoup. Et cette obsession complète de la rédemption est quelque chose de fascinant, toujours dans un environnement complètement spectaculaire, qui bouscule la morale, les tabous. La quête de ce père dans cette Californie très eighties, livré à toutes les abominations terrestres, est vraiment une descente en enfer, à la recherche de lui-même finalement. On parle souvent de la fin, mais comme dans American Gigolo où il cite directement le film tel quel, c’est vraiment Pickpocket qu’il reprend dans Hardcore et cette fin est très cohérente.”
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Metteur en scène trentenaire, né et formé en Belgique, diplômé de l’INSAS, Fabrice du Welz a réalisé en 2002 le très remarqué Calvaire. Son prochain long métrage, Vinyan, tourné en Thailande avec Emmanuelle Béart et Rufus Sewell devrait sortir en octobre.