Publié par Dissidenz le 04/07/2008 à 14:09

Richard Avedon, 1946-2004

AvedonRichard Avedon fait partie, à l’instar de Walker Evans, Robert Mapplethorpe ou Diane Arbus, des plus influents photographes américains du XXème siècle.

Né en 1923, sa carrière de portraitiste s’engage, pourrait-on dire, dans la marine marchande où il réalise les photos d’identité des équipages avec un Rollei offert par son père Jacob.
C’est Alexey Brodovitch, D.A. de Harper’s Bazaar qui deviendra rapidement un mentor et un intime, qui pressent le talent de ce jeune photographe publicitaire.
Il enchaîne les séries mythiques pour Harpers’ mais aussi Vogue, révolutionnant littéralement la photo de mode, dont il met en pièce les vieux standards, insufflant ironie, mouvement, éclat là où la rigidité était la règle.
Parallèlement à son travail pour la mode, Avedon développe peu à peu son style de portraitiste hors du commun, photographiant acteurs, musiciens, poètes, en privilégiant un rapport brut au sujet, se focalisant sur l’émotion de la rencontre en le photographe et son sujet, glorifiant l’exactitude de l’instant (« toutes les photos sont exactes ; aucune n’est vraie ») en se débarassant de tout élément contextualisant, ou à même de détourner l’attention de la « géographie des visages ».
C’est ainsi qu’il met au point son style incontournable et reconnaissable entre tous, un sujet sur fond neutre (blanc et parfois gris dans les années 50 puis radicalement blanc optique à partir de la fin des années 60) encadré par le bord noir du négatif, venant exprimer de façon aussi évidente que radicale le rapport d’Avedon à l’acte photographique, qui ne sert pas selon lui à se rapprocher de la réalité (« même si cela peut être très intéressant ») mais à « offrir une lecture de la surface des choses », et auquel la rétrospective que propose le Jeu de Paume fait la part belle.

Le travail d’Avedon est de longue haleine, presque besogneux dans sa répétition, en témoigne, entre autres, la série The American West, à l’origine commandée par le musée Amon Carter de Fort Worth, Texas. De 1979 à 1984, 17 000 rouleaux de films, 752 portraits réalisés, dépeignant le regard à la fois socialement neutre mais plastiquement gourmand du photographe, et considéré par certain comme le point d’orgue de son œuvre.
Grands tirages noir et blanc, évidemment, crus, aussi étonnamment naturels que délicatement mis en scène, ils nous saisissent par l’habileté de leur auteur à saisir ce battement de paupière pendant lequel se révèle un être humain dans son entièreté, dans sa complexité, entre ce qu’il donne à voir et ce qu’il est vraiment.
Que ce soit la profondeur mélancholique de Marilyn Monroe saisie en 1958, la symétrie troublante entre certains portraits de The West et de la Factory de Warhol en 67, ou encore les mineurs christiques, Avedon révèle dans un éclat éternel des instants insaisissables, voire invisibles.
Richard Avedon fut durant plus de 50 ans le photographe des hiatus, faisant fi de toutes les conventions, se faisant, tout en tendresse, intelligence et puissance, un des explorateurs de pointe de son temps.

Tiphaine Kazi-Tani

Musée du Jeu de Paume, jusqu’au 28 septembre – 1, place de la Concorde
Renseignements : 01 47 03 12 50

Plus d’informations sur le site du Jeu de Paume.

Publié par Dissidenz le 04/07/2008 à 14:09

JEAN ROLLIN - Réalisateur

Freaks (1932) de Tod Browning.
Freaks
“Ca aurait pu être un film accrocheur, commercial, ça ne l’est pas du tout, c’est un film très émouvant. On sent que Tod Browning aime ses personnages, il a une espèce de complicité et d’amour pour ses personnages ” monstrueux ” qui transparait dans la mise en scène, dans la façon de les filmer, partout. Et cette dernière séquence où les monstres passent à travers l’orage, sous les chariots, est absolument inoubliable. C’est vraiment du très grand cinéma.”

Résumé : des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s’exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l’écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l’acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d’une belle somme, celle-ci décide de l’épouser pour l’empoisonner ensuite avec la complicité de son amant Hercule. Mais le complot est découvert, et les amis de Hans et Frieda vont se venger…

Plus d’informations sur Freaks.

Jean Rollin est un metteur en scène français qui mène depuis plus de quarante ans une carrière unique dans le registre du cinéma fantastique. Il fait figure aujourd’hui de parrain et de modèle pour toute une génération de jeunes cinéastes et de cinéphiles qui ont grandi avec les VHS de ses films, hymnes à la liberté de créer et à la débrouillardise cinématographique.

Lire l’entretien avec Jean Rollin.

Publié par Dissidenz le 04/07/2008 à 14:09

Entretien avec Jean Rollin

La nuit des horloges

Comment avez vous organisé votre survie économique ?
Je me demande comment je fais. Si j’avais tout l’argent que j’ai perdu dans les films, je pourrais prendre une retraite méritée. Il s’accrocher, il faut tirer des sonnettes. On repart à zéro à chaque nouveau film. Je réinvestis systématiquement ce que j’ai gagné dans les films et il faut recommencer à convaincre, recommencer à faire croire que le film sera meilleur que les autres. Repartir toujours au début. C’est fatiguant.

Quelles sont les possibilités de diffusion aujourd’hui pour vos films ?

C’était plus facile dans les années 70-80 mais on se plaignait déjà à l’époque. Maintenant c’est fini. Ou vous avez les télévisions ou vous n’avez rien. Je n’ai pas les télévisions alors je n’arrive plus à sortir. Je ne sais comment je vais faire avec le dernier film que j’ai tourné. Il y a bien le câble mais ça me rapporte très peu. A une certaine période Canal Plus prenait mes films. Tous les derniers films que j’ai pu tourner c’était grâce aux ventes télévision, j’ai vendu cinq films à Canal, j’en avais même vendu un à Arte, ça signifie à chaque fois un nouveau film.

Vous êtes une espèce de mythe dans le cinéma français tout en étant relativement peu reconnu.
Le cinéma fantastique, était assimilé il y a à peine quinze ans au cinéma érotique, considéré comme de la sous série B. Je n’attends pas de reconnaissance. C’est vrai qu’il y a beaucoup de jeunes cinéastes qui viennent me voir parce qu’ils ont envie de faire du fantastique et de le faire en marginaux mais quand on voit ce que tournent les amateurs, je suis affolé. Ils ont toutes les chances que moi je n’ai plus, ils n’ont pas de problèmes de censure, ils ont moins de problèmes d’argent parce qu’ils tournent avec des copains, ils sont totalement libre de faire ce qu’ils veulent et la seule chose qu’ils essaient de faire c’est d’imiter les grands. Ils pourraient faire plein de choses formidables. Ils voudraient me faire jouer dans leurs films mais quand je vois les scénarios qu’on me fait lire c’est affolant. On m’a proposé au moins trente fois de me faire jouer un policier derrière son bureau (rires). Le seul avec qui j’ai plaisir à tourner, même si on s’engueule tout le temps, c’est Norbert Moutier. Il fait son chemin, et il y a quelques fois sa personnalité à lui qui apparaît, et c’est tellement rare chez les autres…

Pouvez vous nous parler de votre dernier film, La nuit des horloges ?
Le dernier, c’est un peu un résumé de toute ce que j’ai fait, il y a des extraits de tous mes films, des extraits de mes livres. J’ai mis trois ans à le faire, en le tournant par petits bouts, ce que je n’avais jamais fait avant, et ça été une espèce de miracle. Les extraits de film se sont parfaitement intégrés au tournage et j’ai tourné avec une actrice dont j’ai été très content, Ovidie, très bonne comédienne, très gentille. Des gens ont dit que c’est un film testament, c’est un peu ça.

Propos recueillis à Paris le 04 juin 2008.

Lire le coup de coeur de Jean Rollin pour Freaks.

Publié par Dissidenz le 04/07/2008 à 14:09

Anger-Crowley, l’art et la magie

Lucifer RisingDu 06 au 29 juin s’est tenu au Palais de Tokyo à Paris une exposition de peintures inédites d’Aleister Crowley, récemment retrouvées en Italie près de Cefalù en Sicile où il fonda son Abbaye de Thélème. On connaît Crowley l’occultiste, fondateur d’un système philosophique, « Thelema », qui servit de base à la fondation de l’Eglise de Satan par Anton LaVey 60 ans plus tard. On connaît plus mal Crowley le poète et Crowley le peintre. A l’occasion de cette exposition inédite, le Palais de Tokyo organisait une rencontre exceptionnelle avec Kenneth Anger venu présenter les travaux de Crowley et le film qu’il lui consacra lors de la précédente exposition de ses peintures à Londres en 2002. Kenneth Anger, qui fut ami d’Anton LaVey, fut considérablement inspiré par l’œuvre de Crowley, et il apparaît évident que ses œuvres cultes que sont Inauguration of the Pleasure Dome (directement inspirée par les rituels de Crowley) Invocation of my Demon Brother et Lucifer Rising doivent bien davantage au Thelema de Crowley qu’à la Bible Satanique de LaVey. Point de vision nitzschéenne d’un homme sans Dieu ni maître chez Anger mais un attachement fort aux symboles et fétiches du véritable système magique de Crowley qui puisait lui même ses sources aux origines de la civilisation moyenne orientale et de l’Egypte ancienne. Les œuvres et legs d’Anger et de Crowley partagent par ailleurs un certain nombre de traits communs : la chatoyance des couleurs employées, la frontalité totale d’œuvres qui, si elle se nourrissent de symboles, ne sont en aucun cas symboliques, et l’influence considérable qu’ils eurent sur la culture populaire. Kenneth Anger se définit lui même comme magicien en précisant qu’on est pas forcé de le croire, la vision de ses oeuvres suffit à dissiper tout doute.

Voir la video de présentation de l’exposition Aleister Crowley par Kenneth Anger.

Publié par Dissidenz le 25/06/2008 à 18:17

Festival Paris Cinema

Festival Paris Cinema

Présent dans une quinzaine de lieux à travers toute la capitale, dans et hors des salles de cinéma, le Festival Paris Cinéma propose au public une programmation ambitieuse et variée, en présence de nombreux invités :

La sélection internationale : Vitrine du cinéma contemporain à Paris, le festival présente une compétition internationale d’une quinzaine de longs métrages et autant de courts métrages (fictions et documentaires), ainsi que des avant-premières prestigieuses en présence des réalisateurs. Les films concourent pour le Pari du public, le Pari du jury, le Pari de l’avenir et le Pari de l’émotion – Kookaï Films.

Les invités d’honneur : Le Festival Paris Cinéma met chaque année en lumière des personnalités prestigieuses du cinéma mondial, à travers des hommages complets et vivants. Depuis la création du festival, le public a ainsi pu revivre l’œuvre mythique de certains réalisateurs, comme Michael Cimino, Oliver Stone ou Francesco Rosi, en leur présence, ainsi que le parcours d’immenses comédiens comme Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo, Jackie Chan, Javier Bardem ou encore Sandrine Bonnaire…

Le pays à l’honneur : Après le Brésil, la Corée et le Liban, le Festival Paris Cinéma souhaite faire découvrir à ses spectateurs une nouvelle cinématographie contemporaine étrangère, et met cette année à l’honneur les Philippines pour un panorama d’une trentaine de films contemporains, parmi lesquels le meilleur du cru fiction des derniers festivals Cinémalaya, des documentaires, des courts, du cinéma expérimental, des films en projets… Jeunes talents à découvrir absolument !

Les événements : Parallèlement aux films diffusés en salles, des dispositifs originaux continuent de vous être proposés, dans un esprit d’échange et de convivialité : événements gratuits, projections à la belle étoile, soirées exceptionnelles, ciné-concerts, films à destination du jeune public, etc.

Les ateliers et rendez-vous professionnels : Chaque jour, sur entrée libre, le Festival Paris Cinéma vous propose d’assister à ses Paris CinéCampus, constitués d’ateliers, de leçons de cinéma, de masterclass et de tables rondes, permettant de rencontrer les réalisateurs et acteurs invités par le festival, mais aussi de découvrir les coulisses du cinéma à travers des représentants de métiers souvent méconnus.

Pour sa 6e édition, le Festival Paris Cinéma invite de nouveau les professionnels français et européens, autour de sa plateforme de co-production Paris Project, pour découvrir et accompagner une douzaine de projets étrangers à la recherche de financements.

Téléchargez le programme au format PDF

Plus d’informations sur le site du festival