Publié par Dissidenz le 12/08/2008 à 18:00

HANY TAMBA - Réalisateur

The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen
The Big Lebowski“Je l’ai vu plus de six fois. Et à chaque fois, ce film me fait rire. L’intrigue est comme souvent chez les Coen, loufoque et délirante. Mais ce qui est particulièrement fort, par rapport à d’autres films d’eux, ce sont les personnages. Le “Dude” (Jeff Bridges), Walter (John Goddman) et Donny (Steve Buscemi) incarnent trois figures attachantes et très crédibles tout en étant de parfaits crétins, chacun dans leur genre. Le glandeur absolu, le fou furieux, et le souffre-douleur, voilà trois personnages qu’on a tous connu dans la cour de récré ! A partir de ce trio, les frères Coen réussissent un mélange dont ils sont seuls capables : réalisme, absurdité, surréalisme. Les dialogues sont fabuleux, les séquences de rêve, issues des comédies musicales des années 70 parfaitement réussies, la mise en scène est sobre, extrêmement cohérente et maîtrisée. C’est un film à la fois très américain et tout à fait universel, sexy, rythmé comme une bonne chanson, très fort visuellement. Et puis les réalisateurs osent tout, comme cette fin géniale où les cendres de Donny, à cause du vent, reviennent aux visages du Dude et de Walter qui viennent de les disperser. Le souffre-douleur se venge de son bourreau Walter, mais les trois restent inséparables ! Car c’est aussi, au bout du compte, un film sur l’amitié.”

Résumé : Jeff Lebowski, prenommé le Dude (le tocard), est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu’un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d’argent. C’est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Dude part alors en quête d’un dédommagement auprès de son richissime homonyme…

Hany Tamba, a remporté le César 2006 du court-métrage avec After shave - Beyrouth, après rasage. Le 13 août sort son premier long-métrage, Une chanson dans la tête. Le film s’attache aux pas de Bruno Caprice (Patrick Chesnais), comète de la chanson dans les années 70, invité au Liban pour l’anniversaire de la femme d’un riche milliardaire qui elle n’a rien oublié de son tube… A sa manière tendre, drôle, pudique et nostalgique, le réalisateur poursuit son exploration de la société libanaise, de ses blessures, de sa vitalité et de ses trous de mémoire…

Propos recueillis par Emmanuelle Mougne

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