Injustement oublié des livres d’histoire du cinéma, Mitchell Leisen a pourtant écrit des pages parmi les plus belles du cinéma américain des années 30 avant de sombrer petit à petit dans l’oubli. D’abord costumier puis décorateur à succès pour Cecil B. DeMille, Allan Dwan ou Raoul Walsh, Mitchell Leisen a développé en tant que metteur en scène une œuvre brillante, aérienne et raffinée, en collaborant avec les plus grands artistes de son temps, comédiens ou scénaristes. De Hands Across the Table (Jeux de mains) à Arise my Love en passant par Easy Living ou le grisant Midnight (La baronne de minuit), le talent de Mitchell Leisen se déploie tant dans le soin apporté à la direction d’acteurs, à l’irréprochable direction artistique, que dans la précision de la mise en scène ou la façon de traiter des scénarios qu’il remanie largement, s’attirant ainsi la rancune tenace de Billy Wilder ou Preston Sturges. Mais nul doute que sans le travail de réécriture de Leisen ses films n’aurait put avoir la subtile légèreté et l’élégance qui les caractérise et font aujourd’hui de son œuvre l’une des pierres angulaires de l’âge d’or de la comédie américaine. La sortie prochaine en France en DVD de deux de ses films les plus importants (Midnight et Hands Across the Table), l’hommage qui lui sera rendu cette année au Festival de Deauville et la rétrospective qui a lieu actuellement, jusqu’au 2 novembre, à la Cinémathèque sont l’occasion idéale de redécouvrir l’œuvre brillante d’un auteur capital.
Olivier Gonord
Lire le texte de Mark Rappaport à propos de Mitchell Leisen sur le site de la Cinémathèque française.
Retrouvez le programme complet de la rétrospective à la Cinémathèque française.
Plus d’informations sur l’hommage à Mitchell Leisen au Festival de Deauville.