Publié par Dissidenz le 17/12/2008 à 16:00

Incontournables DVD de 2008

Selection 2008La fin de l’année approche et avec elle l’heure d’un bilan en forme de retour sur les plus belles sorties DVD de l’année, incontournables cadeaux à placer aux pieds de tous les sapins et additions de choix à toute dévédéthèque.

Pour lancer cette rétrospective on ne manquera pas de saluer l’exemplaire sortie du Coffret Jacques Demy qui regroupe, en 12 DVD, l’intégralité des œuvres du cinéaste accompagnées de nombreux suppléments dont un CD détaillant les recherches du tandem Demy-Legrand sur les chansons des films, coffret dont l’exhaustivité et la qualité du travail éditorial réjouiront les amateurs du cinéma de l’enchanteur nantais. Tout aussi exhaustif, le Coffret Aki Kaurismaki en 11 DVD regroupe lui aussi l’intégralité des films de son auteur rendant ainsi disponibles pour la première fois en France des films comme ceux mettant en scène les Leningrad Cowboys, Hamlet Goes Business, Ariel ou J’ai engagé un tueur. Également longtemps attendus et enfin disponibles, les films de Jacques Rozier ont aussi fait en 2008 leur apparition en DVD avec la sortie d’un coffret contenant quatre films, Du coté d’Orouët, Les naufragés de l’ile de la tortue, Maine Océan et Adieu Philippine. Disponibles depuis de nombreuses années aux Etats Unis et en Angleterre, les films de John Cassavetes ont aussi fait en 2008 leur retour en France sous la forme d’un coffret regroupant Shadows, Faces, Meurtre d’un bookmaker chinois, Une femme sous influence et Opening Night accompagnés de suppléments dont de précieuses interview de Cassavetes par Michel Ciment. Autre pièce de choix sortie cette année, la version intégrale, dite « interminable », de Dieu seul me voit de Bruno Podalydès, version découpée en six épisodes de cinquante minutes, telle que voulut à l’origine par le réalisateur, qui prolonge merveilleusement ce bonheur de comédie aussi brillante qu’hilarante et que nous n’aurions peut être jamais pu voir si l’exploitation en DVD n’avait permis, en plus d’une diffusion télé, d’en financer la post-production. On recommandera aussi la sortie récente en France du Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni en exclusivité mondiale et celle du Rebelle de King Vidor, chef d’œuvre à redécouvrir de toute urgence. Au rayon ressorties, on notera également le très beau coffret consacré à l’émission Cinéma Cinémas, la sortie du Let’s Get Lost de Bruce Weber consacré à Chet Baker et celle du troisième volume des coffrets consacrés aux films de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.

Coté imports, on retiendra essentiellement des Etats-Unis la superbe sortie d’une édition, qu’on a envie de nommer définitive, de La soif du mal (Touch Of Evil) d’Orson Welles, proposé dans ses trois différents montages, sous-titrés en français, et accompagné de passionnants suppléments détaillant le destin du film. Il faudra également se tourner vers l’étranger pour se procurer les œuvres de cinéastes français majeurs, c’est en effet en Angleterre que l’on trouvera des films de Robert Bresson inédits en France tel l’indispensable Un condamné à mort s’est échappé, et les immenses classiques de Max Ophuls dont La ronde, en version originale française.

Une bien belle année qui nous aura donc réservé son lot de surprises de choix et qui prouve, à l’heure ou l’on nous en proclame la mort pour mieux tenter de nous imposer un nouveau support qui a bien du mal à pénétrer les foyers (le Blu-Ray pour ne pas le nommer), que le DVD peut encore nous apporter de bien belles joies quand il est mis au service d’œuvres et d’auteurs rares et précieux.

Olivier Gonord

Publié par Dissidenz le 17/12/2008 à 15:15

AURELIA PETIT - Comédienne

L’ange exterminateur (1962) de Luis Bunuel.
L'ange exterminateur“L’ange exterminateur est “mon film préféré du moment”. J’adore Bunuel mais j’ai découvert celui-ci récemment. C’est un film incroyable parce que complètement paradoxal : il n’est pas rationnel pour un sou, truffé de métaphores qui ne racontent rien et surtout rien de moral, mais en même temps il tient complètement debout. On se dit toujours « ça pourrait être tout autre chose », ça paraît totalement aléatoire et en même temps pas du tout, c’est très cohérent. On a l’impression d’un grand amusement. Des moutons arrivent, on pense au sacrifice, mais en même temps ce n’est pas appuyé, c’est un jeu avec les symboles. Et puis il y a des formes que j’adore, les retours, les répétitions, comme la première scène qu’on voit une fois, puis deux. Ou comme la fin : les personnages réussissent enfin à sortir de la pièce où ils étaient enfermés (un enfermement sans raison objective, comme s’ils étaient mus par une « force obscure »). Ils sont dehors, ils ont regagné le monde. Et puis, non, ça recommence… Ils entrent dans une église, ils sont plus nombreux encore, et ils sont bloqués à l’intérieur… On ne sait de nouveau pas pourquoi. Ca laisse la place au fantasme de chacun…”

Propos recueillis par Emmanuelle Mougne.

Résumé :
Lors d’une réception organisée chez un notable se produisent d’étranges événements : des domestiques partent sans expliquer leur comportement, des animaux s’invitent, et surtout nul ne semble pouvoir partir. Durant la durée de l’enfermement - plusieurs jours -, se trament des trahisons, des amours, des hallucinations…

Aurélia PetitElle a joué la journaliste dans La Commune de Peter Watkins, elle était Sonia, la prof lesbienne, amoureuse et idéaliste d’Oublier Cheyenne de Valérie Minetto, on l’avait retrouvée légèrement disjonctée dans La science des rêves de Michel Gondry… Adepte des expériences tout terrain théâtrales et cinématographiques (elle a écrit et joué sa propre pièce, La Cage aux blondes en compagnie de Marie Payen, participé au dernier spectacle de Philippe Decouflé…), on la retrouvera aux côtés de Jean-Luc Bideau et d’Adélaïde Leroux dans le prochain film d’Andrew Kötting Alexander Ivul. En attendant on peut guetter sa silhouette blonde dans Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes et dans Comme une étoile dans la nuit de René Féret…

Publié par Dissidenz le 11/12/2008 à 21:33

Festival de Berlin 2009

59ème édition du Festival du 5 au 15 février 2009. Plus d’informations prochainement !

Publié par Dissidenz le 11/12/2008 à 20:17

Rétrospective intégrale Werner Herzog

Werner HerzogCinéaste à l’oeuvre protéiforme dont les documentaires sont aussi passionnants que les fictions, Werner Herzog est l’un des piliers du cinéma allemand depuis maintenant plus de quarante ans.

On connaît essentiellement Werner Herzog pour ses films emblématiques avec celui qui fut son acteur fétiche, Klaus Kinski, l’immense Aguirre, la colère de Dieu, le titanesque Fitzcarraldo ou sa relecture de Nosferatu, on connaît ses films avec Bruno S., La ballade de Bruno ou le magnifique L’énigme de Kaspar Hauser, on connaît certains de ses brillants documentaires récents comme Grizzly Man, mais ils ne suffisent pas embrasser entièrement la diversité formelle et thématique de cet auteur en perpétuelle recherche d’invention. « J’ai tourné beaucoup de documentaires ces dernières années, faute de financement pour mes fictions. Mais dans mon oeuvre, la frontière entre les deux n’est pas évidente. Mes documentaires sont délibérément stylisés et inventifs, car je hais le cinéma-vérité, tous ces films qui prétendent enregistrer la réalité avec des manières de comptable. La vérité que je recherche au cinéma est d’ordre poétique, extatique. » Une profession de foi que ne viendra certainement pas contredire la rétrospective intégrale de son œuvre en cinquante-cinq films qui se tient actuellement au Centre Pompidou à Paris jusqu’au 2 mars 2009, pour la première fois en France, occasion inédite d’explorer les multiples facettes d’un des auteurs les plus passionnants et insaisissables du cinéma européen.

Olivier Gonord

Voir le programme complet de la Rétrospective Werner Herzog.

Publié par Dissidenz le 11/12/2008 à 20:17

MARIANNE DUMOULIN - Productrice

Vive l’amour (1994) de Tsai Ming-Liang.
Vive l'amour
“C’est le deuxième film de Tsai Ming-Liang, Lion d’Or à Venise en 1994. Il y a dans ce film cinq minutes d’une femme qui marche, et rien qu’au bruit de ses talons on sent toute la douleur et toute la tristesse de cette femme. C’est tout le talent de Ming-Liang, on arrive à rentrer dans des intimités, par le travail sur le temps, c’est le cinéma, les portes ne se ferment pas, il n’y a pas toujours quelqu’un qui répond au téléphone quand on passe un coup de fil, c’est même plutôt le contraire. Vive l’amour est un de ses rares films où il ne pleut pas, où il n’y a pas d’inondation, Ming-Liang est vraiment l’homme de l’eau, mais c’est aussi un homme de la solitude et Vive l’amour est un film absolument magnifique sur la solitude. C’est aussi un film très drôle, ça reste dans le burlesque, c’est même quasiment muet, il doit y avoir cinquante sous-titres dans Vive l’amour et la parole n’y est souvent utilisée que pour le bruit. C’est l’histoire d’un appartement qui est mis en vente à Tai-Pei, une femme essaie de le vendre en vain. Le premier plan du film nous montre un jeune homme qui distribue des tracts pour un crématorium. C’est extraordinaire, il n’y a rien, juste une clé qui est restée sur une porte et au regard de cet homme sur cette clé on sait tout de suite. Il va prendre la clé et vont se retrouver dans cet appartement ce jeune garçon désespéré, qui va faire d’ailleurs faire quelques tentatives de suicide qui seront toujours avortées, et cette agent immobilier, très jolie, dans cette solitude totale, cette inhumanité de cette ville de Tai-Pei dans laquelle les gens ne font jamais que se croiser, sans même se côtoyer, et deux garçons vont squatter cet appartement, et cet appartement va vivre comme ça avec deux personnes qui vont tout le temps avoir peur, se croiser, et bien évidemment se retrouver, cette jeunesse complètement à l’abandon. Le film doit compter cent cinquante plans à peine pour un film de deux heures dix, tu es sur les personnages, tu les suis. C’est un film qui m’a totalement bouleversée, c’est un choc.”

Plus d’informations sur Vive l’amour.

Lire l’entretien avec Marianne Dumoulin.

Marianne Dumoulin

Après avoir occupé divers postes sur des films, Marianne Dumoulin s’est dirigé vers la production. Travaillant avec Jacques Bidou au sein de JBA Productions, ils défendent ensemble un cinéma engagé et militant depuis de nombreuses années avec des films comme Une part du ciel de Bénédicte Liénard, Lumumba de Raoul Peck ou Le sel de la mer de Annemarie Jacir, actuellement en salles.

Publié par Dissidenz le 11/12/2008 à 20:17

Entretien avec Marianne Dumoulin


Le sel de la mer
Le sel de la mer, actuellement en salles.

Lancée dans le métier par le hasard de rencontres, Marianne Dumoulin a tenu divers postes avant de s’orienter vers la production, d’abord comme assistante dans diverses sociétés puis, depuis 1999, comme productrice à part entière au sein de JBA Production, la société de Jacques Bidou (Lumumba de Raoul Peck, Les gens de la rizièrede Rithy Panh, Salvador Allende de Patrizio Guzman, entre autres). Marianne Dumoulin revient pour nous sur son parcours, sa vision de la production et du suivi des auteurs.

“J’ai commencé dans ce métier derrière un bar ! Je travaillais dans un restaurant où gravitaient pas mal de cinéastes, d’acteurs, de chanteurs, et on m’a très vite demandé d’organiser les fêtes de fins de tournage, ce pourquoi, c’est vrai, j’étais assez excellente ! (rires) De là j’ai commencé à faire de la régie, j’ai été scripte, j’ai touché à pas mal de métiers. Mais très vite je me suis rendu compte que l’intermittence n’était pas faite pour moi et j’ai trouvé un emploi dans un laboratoire, VDM, c’était de la grande duplication, ça allait de vidéos pour les mamans aux films pour adultes. Je gérais les plannings, au milieu de huit commerciaux, j’étais le rapport entre leurs demandes et la régie. De là j’ai vu beaucoup de producteurs et je me suis rendu compte très vite que les producteurs, sur la phase de post-production étaient très seuls, dans une phase qui était en perpétuelle mutation, et j’ai eu un véritable coup de foudre pour la production.

Alors naturellement je suis allé travailler chez les gens avec qui il y avait une sympathie réciproque. Cela m’a aussi permis de faire beaucoup de choses, la première personne était Gilles Sandoz, CDN Productions à Gennevilliers, c’était une époque extraordinaire où il y avait une grande liberté, c’était une époque où Gallotta faisait Rei Dom ou la légende des Kreuls, un film en 35mm au fin fond de Grenoble, avec cette langue inventée, et puis malheureusement la société a déposé le bilan. J’ai été alors embarquée par un jeune réalisateur qui faisait beaucoup de courts-métrages et qui travaillait chez Canal Plus où je l’ai suivi -un complet changement d’univers. On produisait ses propres courts-métrages, toujours dans des économies très modestes, et on trouvait toujours à replacer les techniciens ou les acteurs qu’on employait chez Canal, j’y ai fait beaucoup de choses, d’attachée de presse à directrice de production des clips de fin d’année… Après je suis passé chez Hamster, encore un autre univers, celui des grandes séries pour la télévision, j’y ai beaucoup appris, c’était aussi une forme de confort de production, c’était une période où on avait une grande liberté, à la fois sur le fond et la créativité.

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Publié par Dissidenz le 05/12/2008 à 20:05

John Cassavetes en cinq films

John Cassavetes
On n’y croyait plus : moult fois reportés, enfin disponibles en France dans un coffret de 7 DVD édité par Océan : Shadows, Faces, Une femme sous influence, Meurtre d’un bookmaker chinois et Opening Night. Auteur mythique, majeur et incontournable, mort à soixante ans en 1989, John Cassavetes ne bénéficia pas de l’habituelle longévité des cinéastes (il est né un an après Clint Eastwood) et ne nous laisse que douze films dont trois sont généralement considérés comme mineurs (les deux films de studio réalisés pour le producteur Stanley Kramer, Un enfant attend et La ballade des sans espoirs ainsi que son dernier, Big trouble, il est vrai quasi invisible). Un coffret qui constitue sans nul doute la pièce centrale et indispensable pour apprécier toutes les facettes de cet auteur.

On lui adjoindra Minnie and Moskowitz (MK2), Gloria (Columbia), Love Streams (Cinemalta) et Un enfant attend (Cinemalta), eux déjà disponibles en DVD. Ne manque encore que La ballade des sans espoirs, Big trouble et surtout Husbands pour une édition complète de l’œuvre de Cassavetes en DVD en zone Europe.

On trouvait en bonus dans Minnie and Moskowitz l’indispensable portrait de John Cassavetes réalisé pour Cinéastes de notre temps par André S. Labarthe en 1965 et 1968. Le coffret édité par Océan n’est pas en reste avec des bonus qui occupent deux DVD à eux seuls. Ils rassemblent les bandes-annonces originales, des entretiens inédits avec ses plus proches collaborateurs (Gena Rowlands, Peter Falk, Ben Gazzara, Seymour Cassel, Al Ruban, Lea Goldoni…), des interviews sonores réalisées par les critiques et historiens du cinéma Michel Ciment et Michael Henry Wilson (150 mn), le documentaire inédit “Anything for John” réalisé par Doug Headline et Dominique Cazenave, qui retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste via des images d’archives, des vidéos de tournage, des interviews de ses proches… (90 mn). Chacune des films enfin est introduit par Patrick Brion, historien du cinéma, et un cinéaste, Alain Corneau, Claude Miller ou Jean-François Stévenin.

Films majeurs et bonus à foison permettent aussi de tracer une frontière entre un Cassavetes plutôt classique et un Cassavetes résolument moderne ainsi que le rappelait Gilles Deleuze. Dans l’Image temps, il ne lui fallait pas moins de quatre chapitres pour évoquer l’oeuvre du cinéaste. Pour les chapitres de l’Image-mouvement concernant l’Image-affection et la crise de l’image action il faisait ainsi souvent référence à Shadows et Faces alors que les chapitres de l’Image-temps concernant les puissances du faux et le cinéma du corps appelaient les exemples d’Une femme sous influence et du Bal des vauriens.

On notera donc ainsi que Deleuze n’avaient pas eut notre chance et n’avait pu avoir accès qu’au Bal des vauriens, version mutilée de Meurtre d’un bookmaker chinois. Car si Cassavetes fut de son vivant même considéré comme un mythe, la diffusion de son œuvre en France fut assez difficile.

Shadows, premier prix du cinéma indépendant.

Shadows commença… par une collecte lancée dans une émission de radio, Night people de Gene Sheppard, à 1h du matin. Cassavetes déclare alors qu’il est possible de faire un film totalement libre des contraintes commerciales imposées par les studios si chaque auditeur lui envoie un dollar. Le lendemain, Cassavetes reçoit 2 000 billets de 1 dollar et se retrouve derrière la caméra à filmer des improvisations sur “un schéma rodé”, le film n’était pas écrit ! Durant quatre mois, Cassavetes tourne des scènes autour de la vie d’une famille noire à new-yorkais. “Je croyais, dit-il, tenir un outil magique pour filmer des impressions ; de ce que sont les gens plutôt que leur vie intérieure”.

Le soir de la première la salle était comble mais rapidement tous les spectateurs sont partis. Ce qui n’empêche pas Jonas Mekas d’écrire dans Film Culture que les cinéastes de la nouvelle génération pouvaient désormais faire leurs films eux-mêmes. Pour marquer l’événement, Film Culture crée d’ailleurs un Prix du cinéma indépendant (Independent Film Award) dont elle donne l’étrenne à Cassavetes le 26 janvier 1959. Dans ses attendus, la revue souligne que Shadows “plus qu’aucun film américain récent, présente la réalité contemporaine d’une manière neuve et non conventionnelle (…) les situations et l’atmosphère de la vie nocturne new-yorkaise y sont rendues de façon vive, cinématographique, vraie”.

Après l’échec de la première qui semblait irréparable, Cassavetes obtient de producteurs indépendants 15 000 dollars pour dix jours de tournage supplémentaires. Dans le portrait réalisé pour Cinéastes de notre temps par André S. Labarthe en 1965 et 1968, John Cassavetes déclare. “La première version a été montrée à des cinéphiles qui l’ont trouvé merveilleuse, dit-il, et le bruit a couru que la seconde version était plus commerciale. Mais je préfère les dix jours du nouveau tournage aux quatre mois de tournage improvisé.” Et plus jamais en effet, il n’improvisera.

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Publié par Dissidenz le 05/12/2008 à 20:05

BRUNO PODALYDES - Réalisateur

Vacances romaines (1953) de William Wyler.
Vacances romaines“Mon père était à l’époque très séduit par Audrey Hepburn, je ne lui trouvais pour ma part pas grand chose étant enfant et adolescent, je trouvais qu’elle était une petite souris, un truc très mignon… Plus je la vois aujourd’hui, plus je suis subjugué par cette actrice. Pas dans un rapport de l’enfant à la fée, mais parce qu’elle semble être une incarnation de la grâce. Je lui trouve une classe folle. Je l’ai vue assez âgée et très malade, elle parlait de sa nouvelle vie qui consistait à se donner pour des oeuvres caritatives, je suis venu à cette actrice par sa fin. Vacances romaines est son premier film et il est passionnant à plus d’un titre. Elle y exprime une incroyable fragilité, très peu hollywoodienne. A un moment elle ne doit pas regarder son amant, elle n’est pas censée le connaître, et voit son regard vaciller vers lui, elle est bouleversante. J’imaginais le film avant de le voir, Gregory Peck le beau mec, Rome, le scooter, j’imaginais les transparences… et pas du tout, bien avant la nouvelle vague, tout y est tourné en extérieurs. Gregory Peck raconte dans les suppléments du DVD qu’il savait que chaque fois qu’il recevait un scénario c’est que Cary Grant l’avait refusé, je ne sais plus pour quelle raison fumeuse, ce scénario devait forcément être déjà fantastique. C’est un film qui a eu un grand succès et quand on le voit aujourd’hui on est étonné de sa très grande cruauté. C’est saisissant, on a toujours en France une forme de mépris pour les succès populaires et là le film est très dur, et le fait que malgré tout cela le public soit allé le voir en masse fait vraiment plaisir.”

Plus d’informations sur Vacances romaines.

Bruno Podalydes
Après des premiers courts-métrages et des films institutionnels pour Air France, entre autres, Bruno Podalydès est primé aux Césars pour Versailles Rive gauche. Son court suivant, Voilà, sera lui primé à Venise et son premier long métrage, Dieu seul me voit, sera également récompensé par un César. Suivront Liberté-Oléron, les deux adaptations de Gaston Leroux, Le mystère de la chambre jaune et Le parfum de la Dame en noir, un des segments de Paris je t’aime et Versailles rive droite, fin de sa trilogie des gares, dont on attend la sortie en 2009. Bruno Podalydès forme avec son frère Denis l’un des couples de cinéma les plus passionnants du cinéma français.