Publié par Dissidenz le 26/11/2009 à 19:13

Nikita Mikhalkov, la Russie éternelle

Nikita MikhalkovFils d’une grande lignée d’artistes - son père était poète, auteur entre autres des paroles de l’hymne de l’Union Soviétique, ses grand père et arrière grand père étaient peintres - et frère du cinéaste Andréi Konchalovsky, Nikita Mikhalkov est l’une des figures emblématiques du cinéma russe d’après guerre. Metteur en scène mais également comédien, il débute en 1974 avec Le nôtre parmi les autres, western sibérien à la réalisation virtuose, avant de réaliser Esclave de l’amour, hommage aux pionniers du cinéma et premier chef d’œuvre. En 1977, Mikhalkov adapte merveilleusement Anton Tchekov dans Partition inachevée pour piano mécanique puis Alexandre Volodine dans Cinq soirées en 1979. Quelques jours dans la vie d’Oblomov réalisé en 1980 met en scène l’un des personnages les plus populaires de Russie, figure emblématique de la paresse –par refus du monde- créée par Ivan Gontcharov. La Parentèle en 1981, traite avec humour, à travers l’histoire de la visite d’une paysanne à sa fille, de l’occidentalisation de la Russie et c’est avec Sans témoins en 1983, huis clos en appartement entre un homme et une femme, que s’achève la première partie de sa carrière avant Les yeux noirs en 1987 et la consécration internationale. Funambule oscillant perpétuellement entre le drame et la comédie, chantre d’une « slavitude » revendiquée, Nikita Mikhalkov a écrit des pages parmi les plus belles du cinéma russe moderne. Sondant tout autant l’âme humaine que l’identité russe, son cinéma est celui d’un esthète et d’un poète dont l’œuvre émeut autant qu’elle éblouit. Disponibles pour la première fois en France en DVD, ses premiers films sont regroupés au sein de deux coffrets qui permettent enfin d’apprécier tout le travail de cet artiste hors pair. Les films sont accompagnés sur DVD par des interviews des réalisateurs, scénaristes et compositeurs de la musique et de commentaires de Pierre Murat.

Reconduit en mars dernier à la tête de l’Union des Cinéastes Russes après des mois de polémiques notamment autour de la distribution des subventions publiques, membre du futur Conseil gouvernemental en charge du développement du cinéma russe présidé par Vladimir Poutine dont une partie de la mission consiste dans le financement de films « patriotiques », Nikita Mikhalkov est une figure politique contestée. Mais au delà de ses prises de positions ou ses amitiés, nous pouvons aujourd’hui, grâce à la sortie de ces deux coffrets DVD, nous remémorer les splendides premières heures de sa filmographie et embrasser à pleine bouche cette Russie éternelle que Mikhalkov aura su chanter comme personne.

Francis Chérasse

Plus d’informations sur le Coffret Nikita Mikhlakov Vol.1
Plus d’informations sur le Coffret Nikita Mikhalkov Vol.2

Publié par Dissidenz le 26/11/2009 à 19:12

CAROLINE DUCEY - Actrice

Duel au soleil (1943) de King Vidor.
Duel au soleil
“Je l’ai vu il y a sept ans mais le choc ressenti au moment de la vision est toujours vivace. Ce qui se joue entre ce trio dépasse le strict cadre du triangle amoureux. Le film est magnifique, avec une sublime palette de couleurs. Le rapport à l’identité masculine dans le film m’a, en tant que femme, appris énormément de choses et l’identification à l’héroïne est terriblement énergisante. C’est violent mais il y a une puissant sentiment de révolte dans lequel je me suis reconnue. Je m’étais sentie moins seule.”

Synopsis : Scott Chavez est condamné à la pendaison pour avoir assassiné sa femme, Indienne, qui multipliait les aventures extra-conjugales. Avant de mourir, il confie sa fille, Pearl, à une ancienne amie, Laura Belle McCanles, installée dans un ranch texan avec son mari, Jackson, sénateur infirme, et ses deux fils, Jesse et Lewt. Pearl est fort mal accueillie par le père, mais plaît immédiatement aux deux frères.

Plus d’informations sur Duel au soleil

Caroline Ducey
Comédienne, Caroline Ducey tient son premier rôle au cinéma à 17 ans dans Trop de bonheur de Cédric Khan en 1994. Suivront entre autres Romance de Catherine Breillat, La chambre obscure de Marie Christine Questerbert, Shimkent Hotel de Charles de Meaux, Une vieille maitresse à nouveau tourné avec Catherine Breillat ou encore Le plaisir de chanter de Ilan Duran Cohen en 2008.

Publié par Dissidenz le 13/11/2009 à 19:48

Invasion, Entretien avec Hugo Santiago

InvasionAquilea est assiégée. L’ennemi est aux portes de la ville, l’invasion est pour demain. Organisée en réseau clandestin, la résistance tente d’en freiner la progression.
Filmée dans un noir et blanc aux contrastes saisissants, cette éternelle histoire de ville assiégée prend, devant la caméra de Hugo Santiago et sous la plume du tandem Jose Luis Borges / Adolfo Bioy Casares, une dimension métaphysique et poétique inédite. En s’attachant au fil narratif de son récit complexe et à ses personnages caractérisés avec soin, Invasion en sublime les motivations et compose une ode inoubliable aux éternelles forces de résistances, passées et à venir. Réalisé en 1969, présenté en ouverture de la première Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, le film connut un étrange destin. Interdit en 1974, son négatif fut volé avant qu’une restauration lui redonne vie en l’an 2000. Retour en compagnie du réalisateur Hugo Santiago sur un joyau du cinéma sud américain à redécouvrir de toute urgence dans un coffret DVD trilingue (français, anglais, espagnol) comprenant 2 DVD et un livre de 156 pages, disponible en exclusivité sur Dissidenz et dans une sélection de points de vente à partir du 1er décembre 2009.

Comment est né le film ?
J’habitais la France, j’étais rentré à Buenos Aires où j’avais fait deux courts métrages. J’avais une idée toute simple, celle d’une ville envahie et défendue par un groupe de gens. J’ai d’abord vu Bioy Casares a qui j’ai raconté l’idée et qui m’a dit « il faut raconter ça à Borges ». Le jour même nous sommes allés le rencontrer à la bibliothèque nationale dont il était le directeur. Je lui ai raconté l’idée que j’avais, peu de choses, j’ai parlé de la ville, un peu à l’image de Buenos Aires, j’ai dit qu’elle était assiégée et qu’un groupe de gens la défendraient. Je n’avais qu’une idée vague et un nom : Invasion. Je connaissais Borges, j’avais été son élève durant une année et je l’avais rencontré régulièrement jusqu’à mon départ pour la France en 59. Borges et Bioy étaient de grands cinéphiles, Borges avait d’ailleurs fait un peu de critique cinématographique quand il était jeune. Ils avaient écrit ensemble deux scénarios qui n’avaient pas été réalisés, ils restaient sur une mauvaise expérience avec le cinéma. Ils ont d’abord fait un texte de vingt pages, il y avait quelques personnages, quelques séquences, certaines issues des souvenirs de l’un ou l’autre, et peu du travail de lien qu’il faisaient merveilleusement dans leurs nouvelles. Mon argument de base pour collaborer avec eux était que ce film et cette idée de film appartenaient à un univers dont Borges et Bioy étaient les maîtres et que si je le faisais seul je le ferais « à la manière de ». Alors puisqu’ils étaient là, pourquoi ne pas le faire avec les originaux ? Borges a beaucoup aimé cet argument, il a beaucoup rit. Ils m’ont demandé une critique de leur travail. Je n’osais pas la faire devant Borges alors je l’ai fait devant Bioy d’abord. Il m’a dit qu’il allait partir pour l’europe pour plusieurs mois et que Borges attendait un retour de ma part. Le jour même du départ de Bioy je suis allé voir Borges à la bibliothèque nationale et pendant plusieurs heures j’ai analysé leur texte et, armé d’un courage dont j’ignore toujours d’où il provenait - j’étais jeune et Borges était Borges – j’ai analysé et critiqué leur travail, tout en lui disant mon enthousiasme. J’ai parlé sans arrêt, pendant deux ou trois heures, quand j’ai fini par arrêter il a marqué un temps et m’a dit « très bien, nous commençons demain ». On a commencé le lendemain et nous avons écrit pendant un an. Dès leur premier traitement ils avaient pensé qu’il ne fallait pas produire un texte littéraire qui serait adapté par la suite. Il fallait penser et écrire un film. C’est ce qui les amusaient, faire de la littérature ils le faisaient déjà seuls, ils l’avaient même fait ensemble. Il était tout de suite clair qu’on allait travailler séquence par séquence. Une structure s’est dessinée, très travaillée, qui s’est affinée au fur et à mesure que le temps passait. On l’a respectée, très rigoureusement. On avançait dans l’ordre. Les besoins pour pouvoir obéir à la ligne narrative que nous nous étions fixée et qui répondait à une structure se manifestaient au jour le jour, même l’apparition des personnages, l’émergence de ce qui allait être le groupe du sud.

Comment était ce pour vous, jeune homme, de travailler avec Borges ?
C’était merveilleux. Borges était notre maître à tous et nous avions une admiration infinie pour lui. Il était très curieux. Il essayait d’éviter que le poids de sa littérature, de son nom, ne gêne notre travail. Il demandait une critique constante. La moindre idée que je pouvais trouver merveilleuse devait être critiquée, souvent par l’humour, c’était un humoriste merveilleux. Il me faisait beaucoup rire. Il fallait passer par une critique approfondie de la chose avant de la valider. Au bout de quelques jours il n’y avait plus de place pour son statut de Borges. Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un avec qui le travail au jour le jour était aussi facile qu’avec Borges. Il n’y avait pas l’ombre d’une revendication personnelle dans aucun des aspects du travail. Il n’en avait pas besoin, il n’en avait plus besoin. Il avait déjà été, plus jeune, très fier, très orgueilleux, méchant, la parole très incisive, mais il n’y avait plus de questions d’orgueil, sauf celui de l’œuvre à venir. Et là dessus il était implacable. On revenait sur les choses, on retravaillait, on remettait en cause tout ce qu’on faisait.

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Publié par Dissidenz le 13/11/2009 à 19:46

HUGO SANTIAGO - Réalisateur

Le sacrifice (1986) de Andrei Tarkovski.
Le sacrifice“Tarkovski, c’est un miracle. Bergman l’a dit avant moi, Tarkovksi a fait une chose comme personne avant lui. Il y a une chose qui concerne les rapports de la représentation fantasmatique, de la représentation imaginaire, de la représentation qui devrait coller au réel. Un traitement de tous les plans de la narration avec le même niveau hiérarchique. Des images qui seraient traitées par quelqu’un comme des images oniriques sont traitées comme des images qui seraient issues de la réalité de l’action. Et des images qu’on ne sait pas situer. Tarkovski a gommé les frontières tranquillisantes de la représentation. C’est une idée du cinéma pour laquelle je suis prêt à me battre.”

Synopsis : Sur l’île où il réside, Alexandre est au bord du chemin avec son jeune fils qui vient d’être opéré des cordes vocales. Tout en plantant un arbre mort, il lui raconte une légende japonaise : en arrosant régulièrement le pied de l’arbre et en y croyant, il reprendra vie. La saison du soleil de minuit approche sur cet endroit calme de l’île de Gotland où Alexandre, écrivain et ancien comédien, s’est retiré avec sa famille. Ce soir, Alexandre célèbre son anniversaire entouré de quelques proches…

Plus d’informations sur Le sacrifice

Hugo SantiagoAprès une solide formation de musicien en Argentine, Hugo Santiago s’oriente vers le cinéma. Assistant de Robert Bresson en France, il signe avec Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis Borges son premier long-métrage Invasion en 1969. Il représente la France au Festival de Cannes en 1974 avec son second long métrage Les autres. Réalisateur de nombreux films pour le cinéma et la télévision, Hugo Santiago a notamment signé une adaptation d’Electre, ou encore La Vie de Galilée et de nombreuses oeuvres autour de la musique.

Publié par Dissidenz le 14/10/2009 à 16:27

50ème Festival de Thessalonique

50ème Festival International du Film de Thessalonique, de 13 au 22 novembre 2009

Thessalonique