Dès 1907, le Fatima’s coochee-coochee dance réalisé en 1896 par la firme Edison se voit affublé par la censure de Chicago de barres masquant les mouvements suggestifs du bassin de la danseuse. Ce cas originel de censure sera le premier d’une longue série qui émaillera l’histoire du cinéma.
Dès 1920 le cinéma américain est régi par le code Zukor, “liste de recommandations impératives parmi lesquelles l’interdiction de situations inconvenantes, le triomphe de la vertu sur le vice, l’affirmation qu’une inutile exposition de nu est dangereuse” (Jean-Luc Douin, Dictionnaire de la censure au cinéma, PUF). C’est à cette époque qu’nHollywood devient un symbole de décadence suite à une série de scandales. Les affaires de mœurs et de drogues se succèdent et la mort du réalisateur William Desmond Taylor, celle par overdose du comédien Wallace Reid et le décès d’une starlette lors de l’une des parties de Roscoe Fatty Arbuckle provoquen,t la mise au ban de l’acteur et la création par les studios soucieux de préserver leur image de la Motion Pictures Producers and Distributors Association (MPPDA) dont la direction est confiée à William Harrison Hays. Au début des années 30, Mae West subit les foudres des ligues de vertu pour les allusions salaces dont ses films sont parsemés, le Scarface de Howard Hawks est accusé de présenter une image trop sympathique de son protagoniste principal, le film tchèque Extase dans lequel la future Hedy Lamarr apparaît entièrement nue est plusieurs fois saisi par les douanes américaines pour obscénité. L,’étau moral se resserre et à partir de 1934, la MPPDA obtient que chaque film passe entre ses mains avant de pouvoir atteindre les écrans. C’est la naissance officielle du code Hays qui est adopté par les studios et perdurera officiellement jusqu’en 1968. La drogue, la sexualité, pire encore, l’homosexualité, la remise en cause du patriotisme ou le métissage, sont désormais bannis des films à travers un chapelet de 28.000 règles et sujets « répugnants » à éviter. Dès lors le jeu consistera pour les réalisateurs à en contourner les principes à coups de métaphores et de subterfuges.
A la censure morale succèdera le procès ouvertement politique des « dix de Hollywood » en 1947, accusés d’être membre du parti communiste par la commission des activités anti américaines. La commission a compris l’importance de l’industrie cinématographique sur le modelage des esprits et si la famille, la nation et la vertu font bien partie de son agenda, il est hors de question de prendre le risque de laisser des communistes imbiber leurs films de leur idéologie pernicieuse. Devançant les poursuites judicaires qui amèneront Dalton Trumbo et ses « camarades » en prison, les studios se réunissent et prononcent officiellement leur excommunication de l’industrie. La double censure vertueuse et politique demeurera telle jusqu’à la libéralisation de la société américaine à partir de la seconde moitié années 60.
“C’est un film très particulier qui est longtemps resté très difficile à voir. C’est un film sur l’honneur. A la fin, la maison qui a déshonoré sa tradition efface d’un coup de plume cette tache, comme les états le font. Dans les chroniques de cette maison honorable d’un chef de guerre japonais on efface toute trace de ce qui s’est passé, de leur honneur bafoué. Beaucoup de faits d’états ont ainsi été effacés, c’est en ça que c’est un film formidable. L’honneur a disparu de la République.”
En 1982, Borja Huidobro, architecte chilien installé en France, remporte avec Paul Chemetov le concours du premier des grands projets du président Mitterrand, la construction du nouveau ministère des Finances à Bercy. Depuis lors, les deux architectes n’ont cessé de s’illustrer, participant à la plupart des grands concours nationaux, construisant l’ambassade de France à New Delhi et réalisant de nombreux programmes de logements et équipements dont la bibliothèque de Montpellier. Ils ont aussi réalisé la rénovation du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
Dans Seule avec la Guerre et Aux Frontières, la réalisatrice d’origine libanaise Danielle Arbid nous livre sa vision du Moyen-Orient, avec fragilité et amertume. Deux films liés par une même envie d’aller à la rencontre des gens, de donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais.
“C’est une oeuvre magnifique et extrêmement suave sur un amour de jeunesse, sur une jeune femme qui essaie de s’affranchir de l’ilotisme suffocant de sa famille, de sa mère un peu violente, un peu décadente et qui essaie un peu désespérément de voir autre chose qu’une vie médiocre et indigente à l’horizon. Elle danse. De magnifiques ralentis mettent en exergue la sensualité de certaines étreintes entre elle et l’amant de sa mère, une relation trouble, et la narration chemine lentement vers une scène assez érotique ou s’assouvissent ses pulsions adolescentes. L’image signée Robbie Ryan est superbe. C’est un film tourné en format carré au lieu du scope et ça confère au film un aspect familial et une intimité très intéressants. C’est un film aussi beau que bon.”
Fils de l’acteur Manuel Tadros, Xavier Dolan débute très jeune une carrière de comédien. A 17 ans, il écrit son premier long métrage qu’il sera contraint de financer lui-même et qui verra finalement le jour trois ans plus tard, J’ai tué ma mère, sélectionné à la Quinzaine de réalisateurs à Cannes en 2009 où il recevra le prix de la SACD. Son deuxième film, Les amours imaginaires, était présenté cette année, en 2010, à Cannes, dans la section Un certain regard.