Publié par Dissidenz le 10/03/2010 à 19:31

JACQUES MAILLOT - Réalisateur

Quand la bête hurle (1957) de André de Toth.
Quand la bête hurle“De Toth est une espèce de vieux routier d’Hollywood qui a oeuvré dans des genres divers, polar, western, film d’horreur, L’homme au masque de cire avec Vincent Price. Il a fait un film formidable, que j’ai découvert après avoir tourné Un singe sur le dos, qui s’appelle Monkey on My Back. C’est le témoignage d’un boxeur accro à la morphine. Il y a bien sûr un coté film de boxe mais on suit vraiment la vie du personnage. A un moment il se retrouve soldat dans le pacifique et il y a des scènes de guerre hallucinantes avec des snipers japonais qui sont perchés dans des palmiers et qui tirent sur les soldats américains sans qu’on les voit jamais. Les soldats tombent les uns après les autres, tués par ces tueurs invisibles, une scène formidable, sous la pluie. C’est un excellent film. Le personnage soigne ses blessures et est traité avec de la morphine qui le rend accro. Cela bousille complètement sa vie même si, happy end oblige, il s’en sort bien. C’est très moderne dans son approche, pas du tout moralisateur et avec une vraie empathie pour le personnage. C’est un film formidable, avec un coté très sec, et le comédien, Cameron Mitchell, est extraordinaire.”

Plus d’informations sur Quand la bête hurle

Jacques MaillotJacques Maillot est le réalisateur et scénariste de Nos vies heureuses, Corps inflammables, 75cl de prière ou Froid comme l’été entre autres. Il a également réalisé en 2008 Les liens du sang avec François Cluzet et Guillaume Canet. Son dernier film en date, réalisé pour la télévision, Un singe sur le dos avec Gilles Lellouche sera disponible en DVD le 7 avril. Il vient d’achever l’écriture de son prochain long métrage.

Plus d’informations sur Nos vies heureuses
Plus d’informations sur le DVD des moyens métrages de Jacques Maillot : Froid comme l’été, Corps inflammables et 75cl de prière

Publié par Dissidenz le 25/02/2010 à 19:04

ANNE BENHAIEM - Réalisatrice

Vampyr (1932) de Carl Th. Dreyer.
Vampyr
“C’est un des films qui m’a le plus secouée, il me fait aussi beaucoup rire. Si je n’étais pas aussi paresseuse j’écrirais mon grand article sur le comique chez Dreyer et Bresson. Plastiquement le film est une merveille, il y a quelque chose dans la transparence de l’image, les gris, le gris transparent. Chaque plan est une invention dans ce film. Mais ce n’est pas maniéré, c’est toujours nécessaire. Il dissocie la caméra de ce qui est filmé, c’est quelque chose que j’aime particulièrement chez lui, quelque chose qui me fait battre le coeur. Il suit quelqu’un en train de marcher et tout d’un coup la caméra fait autre chose que la personne, elle bouge pour elle-même. Ca m’a marqué définitivement.”


Anne BenhaiemFormée à la FEMIS en section réalisation, Anne Benhaïem a écrit, réalisé et monté une dizaine de courts métrages (Solo tù, Théâtre des familles, Humphrey Bogart et la femme invisible) et co-écrit avec Sophie Fillières (Aïe, Un chat un chat) ou Marc Cholodenko (scénariste de Philippe Garrel). Nous relayons ici la souscription qu’elle lance pour la réalisation d’un long métrage, plus d’informations sur la page Facebook dédiée à ce Film à venir…

Publié par Dissidenz le 24/02/2010 à 18:00

Tous les coups de coeur de A à Z

Coup de Coeur

12h08 à l’est de Bucarest (2007) de Corneliu Porumboiu, par Bertrand Tavernier
2001 : L’odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick, par Pip Chodorov
A bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard, par Koji Wakamatsu
Aie (2000) de Sophie Fillières, par Christian Lambert
Apocalypto (2006) de Mel Gibson, par Alain Guiraudie
Appelez-moi Madame (1986) de Françoise Romand, par Marianne Lamour
Bad Lieutenant (1992) de Abel Ferrara, par Jean-Stéphane Sauvaire
Boulevard de la mort (2007) de Quentin Tarantino, par Cédric Anger
Chronique de Anna-Magdalena Bach (1961) de Jean Marie Straub, par Bruno Dumont
Depuis qu’Otar est parti(2003) de Julie Bertuccelli, par Sandrine Pillon
Desperate (1947) de Anthony Mann, par Raoul Ruiz
Duel au soleil (1943) de King Vidor, par Caroline Ducey
Fort Bravo (1953) de John Struges, par Bertrand Tavernier
Freaks (1932) de Tod Browning, par Jean Rollin
Gentille (2005) de Sophie Fillières, par Yann Coridian
Golden Eighties (1986) de Chantal Akerman, par Martine Marignac
Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (2000) de François Ozon, par Juliane Lorenz
Hardcore (1979) de Paul Schrader, par Fabrice Du Welz
Ice Storm (1997) de Ang Lee, par Baltasar Kormakur
Il était un père (1942) de Yasujiro Ozu, par Kiju Yoshida
Impaled (2006) de Larry Clark, par Cécile Babiole
Je t’aime je t’aime (1968) d’Alain Resnais, par Lisa Hérédia (alias Maria Luisa Garcia)
L’ange exterminateur (1962) de Luis Bunuel, par Aurelia Petit
L’argent (1983) de Robert Bresson, par Ursula Meier
L’armée des ombres (1969) de Jean Pierre Melville, par Jerome Prieur
L’Atalante (1933) de Jean Vigo, par Guy Maddin
L’aurore (1927) de F.W. Murnau, par Jean-Max Causse
L’homme invisible (1933) de James Whale, par Alain Cavalier
L’homme sans age (2007) de Francis Ford Coppola, par Patrick Mario Bernard
La Brigade du suicide (1947) de Anthony Mann, par Mark Rappaport
La chose d’un autre monde (1951) de Howard Hawks, par Luc Moullet
La Ligne rouge (1998) de Terrence Malick, par Erick Zonca
La nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton, par Joseph Morder
La passion de Jeanne d’Arc (1928) de Carl Th. Dreyer, par Fernando Solanas
La Rencontre (1996) de Alain Cavalier, par Stéphane Mercurio
La trilogie d’Apu (1955) de Satyajit Ray, par Damien Odoul
La vie est belle (1946) de Frank Capra, par Bill Plympton
La visite de la fanfare (2007) de Eran Kolirin, par Arta Dobroshi
La visite de la fanfare (2007) de Eran Kolirin, par Fabrizio Rongione
Le dernier des hommes (1924) de F.W.Murnau, par Emmanuelle Cuau
Le pianiste (2002) de Roman Polanski, par François Marquis
Le sacrifice (1986) de Andrei Tarkovski, par Hugo Santiago
Le sadique (1963) de James Landis, par Jean-Pierre Bouyxou
Le temps s’est arrêté (1959) de Ermanno Olmi, par Denis Freyd
Les bourreaux meurent aussi (1943) de Fritz Lang, par Nuno Sena
Les climats (2006) de Nuri Bilge Ceylan, par Harry Gruyaert
Les contes de la lune vague après la pluie (1953) de Kenji Mizoguchi, par Wasis Diop
Les damnés du coeur (1929) de Cecil B.DeMille, par Luc Moullet
Les hommes le dimanche (1930) de Curt et Robert Siodmak, Edgar G. Ulmer et Fred Zinnemann, par Marie Modiano
Les lumières de la ville (1931) de Charles Chaplin, par Adelaïde Leroux
Les Oiseaux (1963) d’Alfred Hitchcock, par Jean-Claude Brisseau
Les tueurs de la lune de miel (1970) de Leonard Kastle, par Damien Odoul
Love (1969) de Ken Russell, par Lucile Hadzihalilovic
Michael (1924) de Carl Th. Dreyer, par Patrick Cardon
Moi, Pierre Rivière… (1976) de René Allio, par Gérard Mordillat
Pas d’orchidées pour Miss Blandish (1971) de Robert Aldrich, par Marie-Christine Questerbert
Passe ton bac d’abord (1979) de Maurice Pialat, par Jacques Maillot
Playtime (1967) de Jacques Tati, par José Luis Guerin
Profession Reporter (1975) de Michelangelo Antonioni, par Pierre Trividic
Requiem pour un massacre (1985) de Elem Klimov, par Jean Pierre Limosin
Shock Corridor (1963) de Samuel Fuller, par Luc Moullet
Sueurs Froides (1958) de Alfred Hitchcock, par Guy Maddin
The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen, par Hany Tamba
Tropical Malady (2004) de Apichatpong Weerasethakul, par Garin Nugroho
Un conte de Noël (2008) de Arnaud Desplechin, par Mark Rappaport
Une jeunesse chinoise (2006) de Lou Ye, par Erick Zonca
Une part du ciel (2002) de Bénédicte Liénard, par Jacques Bidou
Vacances romaines (1953) de William Wyler, par Bruno Podalydès
Vampyr (1932) de Carl Th. Dreyer, par Anne Benhaïem
Versailles (2008) de Pierre Schöller, par Patrick Sobelman
Viridiana (1961) de Luis Bunuel, par Andre S.Labarthe
Vive l’amour (1994) de Tsai Ming-Liang, par Marianne Dumoulin

Publié par Dissidenz le 10/02/2010 à 17:45

CECILE BABIOLE - Artiste multimédia

Impaled (2006) de Larry Clark.
Impaled“Larry Clark a ce talent qui n’est qu’à lui de mettre les gens tellement à l’aise que ces très jeunes gens se découvrent avec toute leur gentillesse et leur naïveté désarmante. Il arrive à capter des choses que beaucoup de documentaristes n’arrivent pas obtenir. Je ne sais pas ce qu’il met en place comme dispositif pour arriver à ce résultat, il doit les mettre en condition, je ne sais pas comment il les amènent là, s’il triche, mais il arrive à obtenir une complicité qui fait que les gens oublient tout et se livrent. C’est un document sociologique sur l’histoire de la sexualité d’aujourd’hui chez les adolescents qui est assez unique et qui en dit long sur le formatage de la vie sexuelle des jeunes américains complètement conditionnés parce qu’ils voient sur le net. C’est fou ce qu’ils disent sur les canons physiques, les filles qui doivent être comme ci et comme ça, et la façon dont, elles, se conforment à ça. Ce n’est même pas spécialement machiste, tout le monde joue le jeu.”

Plus d’informations sur Destricted

Cecile BabioleDe la musique industrielle dans les années 80 (Nox) aux cultures électroniques et numériques aujourd’hui, le travail artistique de Cécile Babiole évolue de manière transversale, croisant les circuits de la musique et des arts visuels. Loin dʼune pluridisciplinarité de mise, c’est le passage d’un langage à un autre, la contamination d’un code par un autre, et une incessante relecture du rapport entre l’image et le son, qui sous-tend sa pratique. Qu’elles apparaissent dans l’espace public (rue, autobus) ou privé (galeries, salle de concert), ses dernières installations et performances (RPM, Shining Field, Doom, I’ll be your Mirror, Circulez y’a rien à voir, Reality Dub, Crumple Zone…) interrogent avec ironie nos systèmes de représentation et nos technologies. Elle a participé récemment au projet Polissons & Galipettes [Deconstructed].

Voir le site internet de Cécile Babiole

Plus d’informations sur Polissons & Galipettes [Deconstructed]

Publié par Dissidenz le 27/01/2010 à 18:12

MARIE-CHRISTINE QUESTERBERT - Réalisatrice

Pas d’orchidées pour Miss Blandish (1971) de Robert Aldrich
Pas d'orchidées pour Miss Blandish“C’est l’histoire d’une fille riche qui se fait kidnapper par des petits malfrats et la manière dont elle se débat avec eux, avec son savoir de fille de la classe dominante, pour essayer de s’en sortir, de ne pas se faire violer etc… C’est fantastique. A la fin elle devient presque amoureuse de l’un des rares kidnappeurs qui prend pitié de sa faiblesse. A la fin, lui, en connaissance de cause, la laisse sortir - la police a finit par découvrir où elle était- ils sont dehors, il accepte de sortir en premier pour se faire descendre et qu’elle ne soit pas visée. L’homme tombe et elle va vers lui, touchée qu’il ait donné sa peau, et parce qu’elle a quelques sentiments d’esclave finalement par rapport à lui. A cause de cet élan, le père qui est un WASP pur et dur rejette sa fille. C’est un film extraordinaire.”

Plus d’informations sur Pas d’orchidées pour Miss Blandish

Marie-Christine QuesterbertComédienne chez Luc Moullet dans Une aventure de Billy le Kid et Anatomie d’un rapport, Marie-Christine Questerbert est également apparue dans Encore de Pascal Bonitzer ou Le journal d’un séducteur de Danièle Dubroux. Elle a réalisé les courts-métrages L’interminable chevauchée et Les filles héréditaires et, en 2000, le long-métrage La chambre obscure qui sera disponible en DVD en Janvier 2010.

Publié par Dissidenz le 26/11/2009 à 19:12

CAROLINE DUCEY - Actrice

Duel au soleil (1943) de King Vidor.
Duel au soleil
“Je l’ai vu il y a sept ans mais le choc ressenti au moment de la vision est toujours vivace. Ce qui se joue entre ce trio dépasse le strict cadre du triangle amoureux. Le film est magnifique, avec une sublime palette de couleurs. Le rapport à l’identité masculine dans le film m’a, en tant que femme, appris énormément de choses et l’identification à l’héroïne est terriblement énergisante. C’est violent mais il y a une puissant sentiment de révolte dans lequel je me suis reconnue. Je m’étais sentie moins seule.”

Synopsis : Scott Chavez est condamné à la pendaison pour avoir assassiné sa femme, Indienne, qui multipliait les aventures extra-conjugales. Avant de mourir, il confie sa fille, Pearl, à une ancienne amie, Laura Belle McCanles, installée dans un ranch texan avec son mari, Jackson, sénateur infirme, et ses deux fils, Jesse et Lewt. Pearl est fort mal accueillie par le père, mais plaît immédiatement aux deux frères.

Plus d’informations sur Duel au soleil

Caroline Ducey
Comédienne, Caroline Ducey tient son premier rôle au cinéma à 17 ans dans Trop de bonheur de Cédric Khan en 1994. Suivront entre autres Romance de Catherine Breillat, La chambre obscure de Marie Christine Questerbert, Shimkent Hotel de Charles de Meaux, Une vieille maitresse à nouveau tourné avec Catherine Breillat ou encore Le plaisir de chanter de Ilan Duran Cohen en 2008.

Publié par Dissidenz le 13/11/2009 à 19:46

HUGO SANTIAGO - Réalisateur

Le sacrifice (1986) de Andrei Tarkovski.
Le sacrifice“Tarkovski, c’est un miracle. Bergman l’a dit avant moi, Tarkovksi a fait une chose comme personne avant lui. Il y a une chose qui concerne les rapports de la représentation fantasmatique, de la représentation imaginaire, de la représentation qui devrait coller au réel. Un traitement de tous les plans de la narration avec le même niveau hiérarchique. Des images qui seraient traitées par quelqu’un comme des images oniriques sont traitées comme des images qui seraient issues de la réalité de l’action. Et des images qu’on ne sait pas situer. Tarkovski a gommé les frontières tranquillisantes de la représentation. C’est une idée du cinéma pour laquelle je suis prêt à me battre.”

Synopsis : Sur l’île où il réside, Alexandre est au bord du chemin avec son jeune fils qui vient d’être opéré des cordes vocales. Tout en plantant un arbre mort, il lui raconte une légende japonaise : en arrosant régulièrement le pied de l’arbre et en y croyant, il reprendra vie. La saison du soleil de minuit approche sur cet endroit calme de l’île de Gotland où Alexandre, écrivain et ancien comédien, s’est retiré avec sa famille. Ce soir, Alexandre célèbre son anniversaire entouré de quelques proches…

Plus d’informations sur Le sacrifice

Hugo SantiagoAprès une solide formation de musicien en Argentine, Hugo Santiago s’oriente vers le cinéma. Assistant de Robert Bresson en France, il signe avec Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis Borges son premier long-métrage Invasion en 1969. Il représente la France au Festival de Cannes en 1974 avec son second long métrage Les autres. Réalisateur de nombreux films pour le cinéma et la télévision, Hugo Santiago a notamment signé une adaptation d’Electre, ou encore La Vie de Galilée et de nombreuses oeuvres autour de la musique.

Publié par Dissidenz le 28/10/2009 à 19:53

RAOUL RUIZ - Réalisateur

Desperate (1947) de Anthony Mann.
Desperate“J’apprécie le film pour son économie et pour le « décousu savant ». Il y a de nombreuses choses qu’on ne comprend pas, qui ne sont pas expliquées. C’est un témoignage de la liberté de l’époque par rapport au contrôle actuel. L’attitude de la police, et le coté humain des méchants, leur complexité qui est la chose la plus difficile à réaliser dans ce genre là. Et puis le travail sur l’espace qui est formidable et la magistrale séquence finale.”

Synopsis : Le camionneur Steve Randall est appelé pour effectuer un travail dont on lui cache qu’il est commandé par des gangsters. Il devient sans le vouloir complice d’un hold-up. Injustement accusé, Steve alerte la police et dénonce les vrais coupables. Poursuivi par les gangsters en quête de vengeance, Steve s’enfuit avec la femme qu’il vient d’épouser.

Plus d’informations sur Desperate

Raoul Ruiz
Inclassable cinéaste dont l’oeuvre est aussi pléthorique (plus de cent films à son actif) que singulière, Raoul Ruiz est installé en France depuis le coup d’état de 1973 au Chili. Primé à Cannes, Berlin, Locarno ou Avoriaz, il a entre autres réalisé Les Trois couronnes du matelot, La ville des pirates, L’Eveillé du pont de l’Alma, Trois vies et une seule mort et, en 2008, La maison Nucingen.

Publié par Dissidenz le 13/10/2009 à 18:29

DAMIEN ODOUL - Réalisateur

La trilogie d’Apu de Satyajit Ray.
Apu“Satyajit Ray a mis plusieurs années à réaliser le premier film, en tournant le week-end, avec des équipes qui le suivaient sur deux ou trois jours, en retournant au village. On sent le temps qui passe dans le village, c’est dû en partie à cette méthode de tournage. C’est une contrainte, née d’un problème économique, mais cette contrainte donne quelque chose en plus. On a vraiment l’impression de sentir le vieillissement des choses et des êtres. De plus c’est un récit d’initiation, on part de ce petit garçon qu’on va retrouver adolescent, puis, dans le dernier volet, adulte. Dans le premier volet on est vraiment sur l’enfance, sur le rapport à une enfance assez pauvre mais pleine de vie, pleine de charme. On a cette sensation d’un paradis perdu. On est en Inde, on sent la chaleur, l’humidité constante, une espèce d’espace prénatal. Ce film est très beau, on y sourit, et à d’autres moments on est saisi par une mélancolie. L’enfant va se confronter à la mort et nous aussi, à travers ses yeux. Dans la deuxième partie l’enfant va déménager avec ses parents à Bénarès. Le père y lit des prières hindouistes et l’enfant va y faire des études, grâce à l’aide d’un professeur et d’une bourse, et s’y émanciper, échapper à son destin de caste. Il monte dans l’échelle sociale et, confronté une fois de plus à la mort, se révéler. Devenu adulte dans la troisième partie il va devenir écrivain. Il va se marier « par hasard », à la suite d’un concours de circonstances, et finalement découvrir l’amour avec cette femme. C’est sublime, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi fin, d’aussi juste. Bouleversé par un nouveau coup du sort, il va grandir encore en transcendant sa douleur. Ce sont des films que l’on peut revoir tous les trois ans, c’est un récit magnifique, d’une pureté absolue. Il parle de la vie, nous donne le temps de la saisir, dans les détails, dans les grands bouleversements. Il touche à l’universalité, c’est la grande force de la trilogie d’Apu.”

Plus d’informations sur La trilogie d’Apu

Damien Odoul

Artiste aux talents multiples, Damien Odoul est tout à la fois poète, cinéaste et performeur. Il a reçu en 2001 le prix spécial spécial du jury à Venise pour son deuxième long métrage Le souffle puis a réalisé Errance en 2003, En attendant le déluge en 2004 et L’histoire de Richard O. en 2007. Il prépare actuellement son prochain long métrage.

Publié par Dissidenz le 01/10/2009 à 18:48

JEAN-PIERRE BOUYXOU - Réalisateur

Le sadique (1963) de James Landis.
Le sadique“C’est un film qui est extrêmement peu connu, y compris dans son pays d’origine, les Etats-Unis, et qui est miraculeusement sorti en DVD il y a un an ou deux. Le réalisateur a très peu tourné et les autres choses qu’il a réalisées ne sont pas d’un intérêt prodigieux. C’est un film fait avec des bouts de ficelles, tourné pour l’essentiel dans une casse de voitures. L’acteur principal était le fils du producteur, l’actrice principale était la secrétaire du producteur, c’est tourné avec très peu de moyens, probablement très vite. C’est totalement glaçant, absolument pas gore, il ne se passe rien de violent à l’image, mais le film donne une impression de violence extrême, presque insoutenable, avec une admirable photo en noir et blanc. C’est une magistrale leçon de cinéma, surtout dans la mesure où ça montre bien comment le cinéma est un art de l’illusion et comment on arrive à insérer de la violence sans en montrer, à part un plan, très gonflé, très audacieux pour l’époque. C’est par ailleurs un film qui a cette particularité, qui sera celle de Massacre à la tronçonneuse des années plus tard, de réussir à montrer la violence sans la moindre complaisance. Massacre à la tronçonneuse donne une impression de boucherie absolue alors qu’il n’y a pas le moindre plan gore, c’est aussi un film que j’aime énormément.”

Plus d’informations sur Le sadique

Jean-Pierre BouyxouJournaliste, critique, comédien et réalisateur français, Jean-Pierre Bouyxou est l’une des plus éminentes figures du cinéma underground français. Réalisateur de bandes aux titres aussi évocateurs que Satan bouche un coin, Sortez vos culs de ma commode ou Amours collectives, il fut également assistant de Jean Rollin sur des films comme Les raisins de la mort ou Fascination. Auteur de 65 ans de science-fiction au cinéma avec Roland Lethem en 1968, il a également dirigé la revue érotique Fascination, pendant huit ans, et co-dirigé la collection Futurama avec Jean-Patrick Manchette.

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