Publié par Dissidenz le 09/10/2008 à 11:35

DAMIEN ODOUL - Réalisateur

Les tueurs de la lune de miel (1970) de Leonard Kastle
Les tueurs de la lune de miel“C’est un choc. J’ai appris après avoir vu le film que c’est le seul le film de son auteur, et c’est pour moi un chef-d’oeuvre. Je l’ai vu à 24 ans, c’était à Saint Michel, j’étais entré à cause des photos - qui d’habitude ont plutôt tendance à me repousser- j’y avais remarqué le très beau noir et blanc, j’y voyais déjà un cadre. Je suis rentré, j’ai vu ce film, et cela a été une vraie expérience physique, totale. J’ai des souvenirs de sons, de plans très précis, de scènes, de dialogues, il m’est resté un peu de tout. Je n’ai jamais revu ces deux acteurs là mais elle est absolument démente, et lui est déjà en train d’annoncer le DeNiro des films de Scorsese. Et quelle manière de traiter ces serials killers, avec une telle humanité. C’est un couple, fusionnel, une grande histoire d’amour, et leurs crimes sont le produit de leur fusion puisqu’à un moment elle ne supporte plus qu’il fasse le gigolo avec ces vieilles dames et c’est là qu’ils se mettent à les empoisonner et à changer d’états. Et c’est aussi l’errance dans l’Amérique de ces années 60, avec un coté Bonnie and Clyde, une errance sublimée par le film, par le drame. Il y a à un moment une scène de baignade et de simulation de noyade qui pour moi est une des plus grandes scènes du cinéma mondial. Et cette fin sublime, ces lettres d’adieu qu’ils se font d’une prison à l’autre alors qu’ils attendent d’être exécutés, et elle qui va vers la mort dans la joie, persuadée qu’elle va retrouver son bien aimé dans l’au-delà, elle dont on sent toute la frustration, la haine de son corps, et la façon dont elle devient un monstre alors qu’elle était une brave fille. Tout y est, tout y est dit de l’humanité.”

Plus d’informations sur Les tueurs de la lune de miel.

Damien Odoul

Artiste aux talents multiples, Damien Odoul est tout à la fois poète, cinéaste et performeur. Il a reçu en 2001 le prix spécial spécial du jury à Venise pour son deuxième long métrage Le souffle puis a réalisé Errance en 2003, En attendant le déluge en 2004 et L’histoire de Richard O. en 2007. Le clip de la chanson Private Lily du groupe Moriarty qu’il vient de réaliser est visible en exclusivité sur Daily Motion, ici.

Publié par Dissidenz le 07/10/2008 à 12:00

Tous les coups de coeur de A à Z

Coup de Coeur

2001 : L’odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick, par Pip Chodorov
Apocalypto (2006) de Mel Gibson, par Alain Guiraudie
Boulevard de la mort (2007) de Quentin Tarantino, par Cédric Anger
Chronique de Anna-Magdalena Bach (1961) de Jean Marie Straub, par Bruno Dumont
Depuis qu’Otar est parti(2003) de Julie Bertuccelli, par Sandrine Pillon
Freaks (1932) de Tod Browning, par Jean Rollin
Gentille (2005) de Sophie Fillières, par Yann Coridian
Golden Eighties (1986) de Chantal Akerman, par Martine Marignac
Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (2000) de François Ozon, par Juliane Lorenz
Hardcore (1979) de Paul Schrader, par Fabrice Du Welz
Ice Storm (1997) de Ang Lee, par Baltasar Kormakur
Il était un père (1942) de Yasujiro Ozu, par Kiju Yoshida
Je t’aime je t’aime (1968) d’Alain Resnais, par Lisa Hérédia (alias Maria Luisa Garcia)
L’armée des ombres (1969) de Jean Pierre Melville, par Jerome Prieur
L’Atalante (1933) de Jean Vigo, par Guy Maddin
L’aurore (1927) de F.W. Murnau, par Jean-Max Causse
L’homme invisible (1933) de James Whale, par Alain Cavalier
La chose d’un autre monde (1951) de Howard Hawks, par Luc Moullet
La Ligne rouge (1998) de Terrence Malick, par Erick Zonca
La nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton, par Joseph Morder
La passion de Jeanne d’Arc (1928) de Carl Th. Dreyer, par Fernando Solanas
La visite de la fanfare (2007) de Eran Kolirin, par Arta Dobroshi
Le dernier des hommes (1924) de F.W.Murnau, par Emmanuelle Cuau
Le pianiste (2002) de Roman Polanski, par François Marquis
Les bourreaux meurent aussi (1943) de Fritz Lang, par Nuno Sena
Les climats (2006) de Nuri Bilge Ceylan, par Harry Gruyaert
Les contes de la lune vague après la pluie (1953) de Kenji Mizoguchi, par Wasis Diop
Les lumières de la ville (1931) de Charles Chaplin, par Adelaïde Leroux
Les Oiseaux (1963) d’Alfred Hitchcock, par Jean-Claude Brisseau
Les tueurs de la lune de miel (1970) de Leonard Kastle, par Damien Odoul
Moi, Pierre Rivière… (1976) de René Allio, par Gérard Mordillat
Passe ton bac d’abord (1979) de Maurice Pialat, par Jacques Maillot
Playtime (1967) de Jacques Tati, par José Luis Guerin
Requiem pour un massacre (1985) de Elem Klimov, par Jean Pierre Limosin
The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen, par Hany Tamba
Tropical Malady (2004) de Apichatpong Weerasethakul, par Garin Nugroho
Une part du ciel (2002) de Bénédicte Liénard, par Jacques Bidou
Viridiana (1961) de Luis Bunuel, par Andre S.Labarthe

Publié par Dissidenz le 01/10/2008 à 18:44

GUY MADDIN - Réalisateur

L’Atalante (1933) de Jean Vigo
L’Atalante “Ce film a tellement l’air hors de contrôle. Chaque cadre est superbe mais tout ce qui arrive est tellement chancelant, bordélique, tout a tellement l’air de s’écrouler tout le temps… Et Michel Simon avec ses mauvais tatouages qui s’agitent sur sa graisse. Tout est filmé d’en haut, dans l’Atalante, pour donner l’impression que jamais une caméra ne pourrait rentrer la dedans. On sait que c’était fait en studio, qu’il y avait en réalité plein de place, mais Vigo rend le tout claustrophobique et sale. C’est probablement un des films “qui sent” le plus, on sent presque l’odeur du sel, de l’huile, les dessous de bras et la pisse de chat. Le film semble avancer par bonds, ça me rappelle les vieux cartoons, les Fleischer, les Popeye ou les Betty Boop. Et c’est une histoire si simple. Ca a été une grande inspiration pour moi, j’adore ce que fait Vigo des cadres, fermant en haut, en bas, sur le coté, au sol. On pourrait presque changer l’ordre de toutes les séquences, en gardant le début et la fin bien sûr, et le film serait toujours aussi bon, c’est miraculeux. Quand ils ont restauré le film ils ont retrouvé quelques minutes supplémentaires, ils les y ont ajouté, c’était formidable de les voir mais ça ne rendait pas forcément le film meilleur, ils en ont ensuite enlevé une partie, et ce n’était pas gênant du tout. Je ne sais pas, c’est un miracle qui continue de produire du merveilleux, coupé ou pas, entier ou non. C’est fantastique.”

Plus d’informations sur L’Atalante.

Lire l’entretien avec Guy Maddin.

Guy Maddin
Né le 28 Février 1956 à Winnipeg, Manitoba, au Canada, Guy Maddin a remis au goût du jour le surréalisme gothique, explorant dans ses films la déviance sexuelle, la répression, la perte et la folie. Diplômé en sciences économiques, il a fait en 19 ans, 6 longs métrages et 17 courts, véritables triomphes de l’imagination sur les contraintes budgétaires. Son dernier long métrage Des trous dans la tête ! est actuellement à l’affiche.

Publié par Dissidenz le 24/09/2008 à 13:00

JOSE LUIS GUERIN - Réalisateur

Playtime (1967) de Jacques Tati.
Playtime“C’est un film très complexe. Il y a beaucoup de motifs différents dans ce film, et un système narratif complètement nouveau, très radical, via la dissolution du personnage de Monsieur Hulot. Ce personnage, que l’on connaît depuis Les vacances de Monsieur Hulot, perd de son rôle de protagoniste film après film. Dans les derniers films de Jacques Tati, les structures chorales viennent remplacer Monsieur Hulot. Le cinéma de Tati devient de plus en plus démocratique et le personnage de Monsieur Hulot en disparaît pratiquement. Le travail sur le son est inédit, mais aussi le travail sur l’image. Je pense que Playtime est le seul vrai film qui travaille le format 70mm. En principe, le 70mm est utilisé comme un “truc” spectaculaire, parce que dans l’image 70mm il y a de l’espace pour mettre beaucoup plus d’éléments que dans un film 35. Le travail sur l’espace que l’on peut voir dans Playtime, propose une syntaxe sur l’écran complètement différente. Le problème, c’est que Playtime est un film difficile à comprendre sur le petit écran. Il n’y a pas de place aujourd’hui pour le 70mm. Si l’on a l’occasion de voir Playtime dans son format d’origine, on trouve plein de révélations pour le regard : dans un seul cadre, on peut choisir 4 ou 5 motifs visuels qui sont dispersés dans la grande surface de l’écran. Tu peux trouver une séquence avec plein de gags visuels, de motifs, de métaphores dans le coin gauche de l’écran, et puis une autre en bas à droite de l’écran… Bref plein de surprises ! C’est une politique de l’espace complètement différente qui, pour moi, va beaucoup plus loin que le travail de profondeur de champ de Welles. Parce que ce n’est pas seulement la profondeur de champ qui existe dans les films de Tati, mais aussi le travail sur la surface. Bref, les deux choses. C’est un peu compliqué à expliquer avec des mots, mais c’est une expérience poétique de l’espace vraiment nouvelle, radicale et très moderne, où le spectateur a une grande responsabilité en tant que co-réalisateur, car il doit choisir parmi tous les éléments à l’image qu’il doit regarder. C’est pour cela que Playtime est un film que l’on peut voir beaucoup de fois : on le redécouvre à chaque vision.”

Propos recueillis par Mélody Gleizes le 10 septembre 2008

Plus d’informations sur Playtime.

José Luis GuerinJosé Luis Guerin est né à Barcelone. Après s’être consacré à la réalisation de films expérimentaux de 1975 à 1983, il a réalisé en 1983 son premier long métrage Los Motivos de Berta. Ce film reçoit un prix spécial au Forum de Berlin. En 1988, il réalise, aux côtés de Reichenbach, Kieslowski, Agresti, Tarr, Sen et Rijneke, l’épisode espagnol du film à sketches City Life, primé aux festivals de Berlin, Rotterdam et Montréal. Il réalise ensuite Innisfree en 1990, présenté en compétition à Cannes. En 1997, Tren de sombras, présenté lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, obtient le Méliès d’or et d’argent de la Fédération européenne des festivals de films fantastiques. José Luis Guerin réalise également En construccion en 2001 primé à San Sebastian et, en 2007, En la ciudad de Sylvia sélectionné au Festival de Venise.

Publié par Dissidenz le 17/09/2008 à 18:20

BALTASAR KORMAKUR - Réalisateur

Ice Storm (1997) de Ang Lee.
Ice Storm
“C’est à mon avis, le meilleur film de Ang Lee, et de loin. C’est un film qui traite de la façon dont des parents se comportent comme des enfants et leurs enfants comme des parents. C’est fabuleux, c’est tellement juste. Et le film ne refuse de montrer rien de ce qu’il a à montrer. Ils en ont fait une forme de remake, American Beauty, une bien pâle copie de l’original.”

Synopsis : 1973. C’est la nuit de Thanksgiving et dans une petite ville du Connecticut, le temps est à la tempête. Chez les Hood, l’atmosphère est loin d’être à la fête, chacun traversant à sa manière une crise existentielle…

Baltasar Kormakur
Baltasar Kormakur, diplômé de l’Académie dramatique d’Islande, a mené une carrière de comédien et de metteur en scène de théâtre avant de se lancer dans la réalisation de films avec 101 Reykjavik, primé à Toronto et Locarno. Egalement producteur (Stormy Weather de Solveig Anspach), Baltasar Kormakur vient de réaliser son cinquième long métrage, White Night Wedding, alors que Jar City est toujours à l’affiche à France.

Lire l’interview de Baltasar Kormakur à l’occasion de la sortie de son film Jar City.

Publié par Dissidenz le 10/09/2008 à 14:29

WASIS DIOP - Musicien

Les contes de la lune vague après la pluie (1953) de Kenji Mizoguchi.
Les contes de la lune vague

“J’aime l’universalité, et un film comme celui là, n’importe quel peuple d’où qu’il vient peut le voir et à travers lui ressentir des émotions absolument extraordinaires par des histoires si simples et si turbulentes, des histoires qui concernent nos âmes intérieures et nos cauchemars, ce beau rêve qui se transforme, et ça c’est l’histoire de l’humanité. C’est en ça qu’un film comme celui là, moi qui vient de Colobane, me parle comme si Mizoguchi venait de Colobane et que ces femmes et ces hommes qui ont joué dans ce film sont aussi de Colobane, mon quartier d’enfance. J’ai été bouleversé par ça.”

Plus d’informations sur le film : Les contes de la lune vague après la pluie (1953) de Kenji Mizoguchi.
Lire l’entretien avec Wasis Diop.

Wasis DiopFrère du cinéaste disparu Djibril Diop Mambéty avec qui il collabora sur nombre de ses films, Wasis Diop a développé une oeuvre sensible et multiple, véritable invitation au voyage. Qu’il soit samplé par Dr Dre & Trackmaster pour The Firm, choisi dans la B.O. de Thomas Crown (avec Nina Simone et Sting), sur des films français tels ceux de Téchiné, ou qu’il ait sillonné le monde pour différents projets ces dix dernières années, Wasis Diop continue sa route avec une intégrité et un talent musical qui font de lui un des artistes incontournables de la ” World Music”.

Publié par Dissidenz le 03/09/2008 à 19:07

ARTA DOBROSHI - Comédienne

La visite de la fanfare (2007) de Eran Kolirin.
La visite de la fanfare
“C’est l’histoire d’un orchestre de la police égyptienne qui vient donner un concert en Israël mais les musiciens ne trouvent pas l’endroit où le concert doit avoir lieu et dans leurs recherches ils rencontrent des Israéliens. J’ai adoré le film, l’histoire et surtout les acteurs, les deux acteurs principaux (Sasson Gabai et Saleh Bakri), dont le jeu m’a impressionnée. Je ne les avais jamais vus ailleurs mais je suivrai dorénavant leur carrière. J’avais entendu parler du film et j’étais très surprise et heureuse de pouvoir le voir dans un avion qui m’emmenait en Australie. Bien sûr je préfère les grands écrans et j’étais un peu déçue de le découvrir dans ces conditions, sur un si petit écran : je l’aurais probablement reçu différemment dans un cinéma, mais à la fin, même si l’avion était plein et l’écran si petit, j’ai été happée par le film. Si un film est bon, de mon point de vue il reste bon quelle que soit la façon dont on le regarde.”

Le DVD de La visite de la fanfare sera disponible à la vente le 7 octobre 2008.

ARTA DOBROSHI - Comédienne
Actrice originaire du Kossovo où elle a suivi une formation à l’art dramatique, Arta Dobroshi fut remarquée par Jean-Pierre et Luc Dardenne dans les films qu’elle tourna en Albanie. Actuellement à l’affiche du Silence de Lorna dans lequel elle tient le rôle principal, la comédienne y livre une prestation d’une remarquable intensité et confirme le talent des Frères pour dénicher des talents bruts. Une carrière à suivre de près.

Publié par Dissidenz le 12/08/2008 à 18:00

HANY TAMBA - Réalisateur

The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen
The Big Lebowski“Je l’ai vu plus de six fois. Et à chaque fois, ce film me fait rire. L’intrigue est comme souvent chez les Coen, loufoque et délirante. Mais ce qui est particulièrement fort, par rapport à d’autres films d’eux, ce sont les personnages. Le “Dude” (Jeff Bridges), Walter (John Goddman) et Donny (Steve Buscemi) incarnent trois figures attachantes et très crédibles tout en étant de parfaits crétins, chacun dans leur genre. Le glandeur absolu, le fou furieux, et le souffre-douleur, voilà trois personnages qu’on a tous connu dans la cour de récré ! A partir de ce trio, les frères Coen réussissent un mélange dont ils sont seuls capables : réalisme, absurdité, surréalisme. Les dialogues sont fabuleux, les séquences de rêve, issues des comédies musicales des années 70 parfaitement réussies, la mise en scène est sobre, extrêmement cohérente et maîtrisée. C’est un film à la fois très américain et tout à fait universel, sexy, rythmé comme une bonne chanson, très fort visuellement. Et puis les réalisateurs osent tout, comme cette fin géniale où les cendres de Donny, à cause du vent, reviennent aux visages du Dude et de Walter qui viennent de les disperser. Le souffre-douleur se venge de son bourreau Walter, mais les trois restent inséparables ! Car c’est aussi, au bout du compte, un film sur l’amitié.”

Résumé : Jeff Lebowski, prenommé le Dude (le tocard), est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu’un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d’argent. C’est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Dude part alors en quête d’un dédommagement auprès de son richissime homonyme…

Hany Tamba, a remporté le César 2006 du court-métrage avec After shave - Beyrouth, après rasage. Le 13 août sort son premier long-métrage, Une chanson dans la tête. Le film s’attache aux pas de Bruno Caprice (Patrick Chesnais), comète de la chanson dans les années 70, invité au Liban pour l’anniversaire de la femme d’un riche milliardaire qui elle n’a rien oublié de son tube… A sa manière tendre, drôle, pudique et nostalgique, le réalisateur poursuit son exploration de la société libanaise, de ses blessures, de sa vitalité et de ses trous de mémoire…

Propos recueillis par Emmanuelle Mougne

Publié par Dissidenz le 04/07/2008 à 14:09

JEAN ROLLIN - Réalisateur

Freaks (1932) de Tod Browning.
Freaks
“Ca aurait pu être un film accrocheur, commercial, ça ne l’est pas du tout, c’est un film très émouvant. On sent que Tod Browning aime ses personnages, il a une espèce de complicité et d’amour pour ses personnages ” monstrueux ” qui transparait dans la mise en scène, dans la façon de les filmer, partout. Et cette dernière séquence où les monstres passent à travers l’orage, sous les chariots, est absolument inoubliable. C’est vraiment du très grand cinéma.”

Résumé : des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s’exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l’écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l’acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d’une belle somme, celle-ci décide de l’épouser pour l’empoisonner ensuite avec la complicité de son amant Hercule. Mais le complot est découvert, et les amis de Hans et Frieda vont se venger…

Plus d’informations sur Freaks.

Jean Rollin est un metteur en scène français qui mène depuis plus de quarante ans une carrière unique dans le registre du cinéma fantastique. Il fait figure aujourd’hui de parrain et de modèle pour toute une génération de jeunes cinéastes et de cinéphiles qui ont grandi avec les VHS de ses films, hymnes à la liberté de créer et à la débrouillardise cinématographique.

Lire l’entretien avec Jean Rollin.

Publié par Dissidenz le 25/06/2008 à 14:40

FABRICE DU WELZ - Réalisateur

Hardcore
Hardcore (1979) de Paul Schrader.
“Dans Hardcore, comme dans American Gigolo, Schrader termine son film - comme les Dardenne l’ont aussi fait dans L’Enfant - comme Pickpocket de Bresson, “il m’a fallu du temps pour arriver jusqu’à toi”. Sous ses dehors de film un peu crapuleux, c’est un grand film, un film qui m’a toujours bouleversé, avec ce personnage confronté à ses propres démons, aux choix de vie qu’il a fait, sa foi remise en doute par les plaisirs terrestres, ce personnage constamment dans une quête de rédemption, je trouve que c’est un film d’une grande force et d’une grande beauté. On compare toujours Schrader à Scorsese, ce sont un peu des frères, et s’il n’y a pas le génie de mise en scène de Scorsese chez Schrader, il y a quelque chose de toujours en apnée, quelque chose de malade qui personnellement me touche beaucoup. Et cette obsession complète de la rédemption est quelque chose de fascinant, toujours dans un environnement complètement spectaculaire, qui bouscule la morale, les tabous. La quête de ce père dans cette Californie très eighties, livré à toutes les abominations terrestres, est vraiment une descente en enfer, à la recherche de lui-même finalement. On parle souvent de la fin, mais comme dans American Gigolo où il cite directement le film tel quel, c’est vraiment Pickpocket qu’il reprend dans Hardcore et cette fin est très cohérente.”

Plus d’informations sur Hardcore.

Metteur en scène trentenaire, né et formé en Belgique, diplômé de l’INSAS, Fabrice du Welz a réalisé en 2002 le très remarqué Calvaire. Son prochain long métrage, Vinyan, tourné en Thailande avec Emmanuelle Béart et Rufus Sewell devrait sortir en octobre.

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